Merton Miller est né le 16 mai 1923 à Boston (Massachusetts). Il entre en 1940 à l'Université de Harvard pour y étudier l'économie et en ressort diplômé en 1943. Il débute sa carrière en tant que conseiller économique auprès du Trésor américain, puis comme expert auprès du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale. En 1949, il reprend ses études à l'Université John Hopkins de Baltimore et pour devenir docteur ès sciences économiques en 1952. Il devient ensuite assistant à la London School of Economics pour l'année universitaire 1952-1953, puis rejoint le Carnegie Institute of Technology où il collabore avec Merton et Modigliani. Il devient professeur d'économie à l'Université de Chicago en 1961.
Merton Miller est un ardent défenseur du marché comme régulateur du système économique. Il est fermement convaincu que les marchés financiers sont efficients, c'est-à-dire qu'ils sont à même de s'auto-réguler et de permettre un bon échange des risques.
Il est l'un des principaux architectes, avec Modigliani, de la théorie financière de l'entreprise.
On leur doit ainsi un théorème révolutionnaire, connu sous le nom de "théorème de Modigliani-Miller". Ils ont ainsi montré que la valeur de marché de la firme est indépendante de sa structure financière. Autrement dit, le recours à l'emprunt ou à l'augmentation des fonds propres pour financer un investissement n'affecte pas la valeur de l'entreprise. Ce qui, selon eux, détermine in fine la valeur d'une entreprise, c'est plutôt le risque et le rendement attendus de l'investissement envisagé. Cette démonstration ne prend toutefois pas en compte les distorsions liées à la fiscalité. En effet, les charges d'intérêt sont déductibles du résultat et donc du montant imposable. Ce n'est pas le cas de la distribution de dividendes dans une optique d'augmentation des fonds propres.
Ils ont également montré que la valeur de la firme est indépendante du montant des dividendes versés. La valeur d'une société est donc une valeur intrinsèque, indépendante des marchés financiers et des aléas boursiers : la capitalisation boursière d'une entreprise ne peut être retenue comme indicateur de la valeur d'une société. Ce théorème est surprenant en ce qu'il va à l'encontre de l'idée communément admise selon laquelle la valeur d'une société est donnée par les marchés boursiers.
(1997) Merton Miller on derivatives,
(1991) Financial innovations and market volatility,
(1974) Macroeconomics,
(1972) The theory of finance,
(1963) Corporate income taxes and the cost of capital, avec F. Modigliani, American Economic Review 53, 433-43, Juin
(1958) The cost of capital, corporation finance, and the theory of investment, avec F. Modigliani, American Economic Review 48, 261-97, Juin