Maurice Allais est né en 1911 à Paris. Son père, qu'il n'a quasiment pas connu, était un modeste commerçant. Il intègre l'Ecole Polytechnique en 1931 et en sort major ; il complète sa formation à l'Ecole Nationale Supérieure des Mines de Paris. En 1937, il devient ingénieur au service des mines de Nantes, puis est mobilisé en 1940. Il dirige le bureau de documentation et de statistique minière de 1943 à 1948, date à laquelle intervient sa nomination en tant que directeur de recherche au CNRS. Il enseigne l'économie à l'Ecole Nationale Supérieure des Mines entre 1944 et 1980. Entre 1959 et 1962, il fonde et dirige le Mouvement pour une Société Libre, un groupe de pensée libérale. Il est le premier citoyen français à obtenir le prix Nobel de l'économie.
Ses travaux s'inscrivent dans le cadre de l'économie appliquée et portent sur les conditions d'une efficacité optimale du système économique et sur l'influence de la répartition des ressources entre les facteurs de production sur cet optimum. Il aborde essentiellement les quatre domaines suivants : la gestion économique, la répartition des ressources et la fiscalité, la politique monétaire et l'économie de l'énergie et du transport. Maurice Allais est un partisan convaincu du libéralisme économique.
Dans le prolongement des travaux de Walras, d'Arrow et de Debreu, il propose une formulation mathématique plus rigoureuse de l'équilibre général, et confirme que toute situation d'équilibre d'une économie de marché correspond à une situation d'efficacité maximale, et inversement. En outre, il travaille sur l'économie du bien-être et démontre que les fins éthiques ne sont pas antinomiques de la recherche d'efficacité si le cadre institutionnel de l'économie envisagée s'y prête. Il a cherché à déterminer les réformes qui permettraient à un pays (la France, en l'occurrence) de disposer d'un tel cadre.
Il réalise des études pour les grandes entreprises et la C.E.E. Il est d'ailleurs un défenseur de l'intégration économique européenne afin de permettre au principe des avantages comparés de jouer au maximum, bien qu'il se soit opposé à l'époque au Traité de Maastricht et à la monnaie unique qu'il juge irréaliste.
Personnalité éclectique, Maurice Allais s'est également investi en histoire des civilisations et en sciences physiques, en s'illustrant notamment en matière de théorie de la gravitation.
Principales publications
(1992) De l'Europe des Douze à la grande Europe
(1984) Theories of general economic equilibrium and maximum efficiency
(1981) Théorie générale des surplus
(1965) Reformulation de la théorie quantitative de la monnaie
(1963) The role of capital in economic development
(1959) L'Europe unie, route de la prospérité
(1947) Economie et intérêt
(1943) A la recherche d'une discipline économique-Traité d'économie pure