Politique budgétaire

1. Fondements et mécanismes de la politique budgétaire

1.1. Les cycles de l'activité économique

Documents associés - Textes de référence

Les trois périodes des cycles


Abraham-Frois, Gilbert (1995), Les fluctuations économiques, Paris, Economica, p. 5-6


Avec la Révolution Industrielle, ce sont des crises d'un type tout à fait différent qui vont apparaître. Cependant, la nouveauté du phénomène est difficile à apprécier, la prise de conscience est lente. D'abord parce que l'industrialisation est géographiquement limitée : à titre d'exemple, la France et l'Allemagne, restées largement agricoles, échappent à la première crise industrielle qui apparaît en 1825 en Grande-Bretagne. Une deuxième raison est le développement simultané, dans certains cas, de deux types de crises ainsi de la crise de 1848 en France – crise qui est à la fois crise de subsistance, (donc d'"Ancien Régime") et crise industrielle (crise des chemins de fer).

En ce qui concerne les mouvements généraux de l'activité économique, la première analyse est celle faite par Clément Juglar dans son ouvrage intitulé : Des crises commerciales et leur retour périodique en France, en Angleterre et aux Etats-Unis, publié en 1862. Dans cet ouvrage novateur, l'auteur met en évidence l'existence de mouvements réguliers, périodiques de l'activité et des prix dont la durée moyenne serait de neuf à dix ans. Ce cycle "Juglar" est encore appelé cycle "court" ou cycle "moyen" par opposition à d'autres types de cycle.

Les travaux ultérieurs ont en effet mis en évidence d'autres types de cycles généraux.

A titre d'exemple, soixante ans après Juglar, J. Kitchin met en évidence l'existence de cycles “mineurs”, d'une durée approximative d'environ 40 mois, et qui seraient en quelque sorte “inscrits” à l'intérieur du cycle Juglar.
Dans l'entre-deux-guerres, N. Kondratieff a attiré l'attention sur l'existence de cycles longs, d'une durée supérieure au demi-siècle. Le premier démarrerait vers 1790 avec un point de retournement en 1815 et une phase de contraction qui se terminerait vers 1850, date à partir de laquelle se développerait la période d'expansion du deuxième Kondratieff. Celui-ci atteindrait son maximum vers 1873 ; la fin du XIXe siècle, période de grandes difficultés économiques, de grande crise, marquerait la période de contraction du deuxième Kondratieff qui s'achèverait vers 1896. C'est à cette date qu'apparaîtrait la phase d'expansion du troisième Kondratieff avec un point de retournement vers 1930. On peut ajouter que pour un certain nombre d'auteurs contemporains, un quatrième Kondratieff aurait démarré vers 1940 avec un point de retournement haut vers 1970...

J. Schumpeter a tenté d'expliquer les cycles longs par des vagues d'innovation : machine à vapeur et textile pour le premier Kondratieff, acier et chemin de fer pour le second, moteur à explosion, électricité, produits chimiques pour le troisième. Ce même auteur a par ailleurs eu une vision très systématique de l'“emboîtage” des différents types de cycle : chaque cycle Kondratieff contiendrait six cycles Juglar de 9-10 ans, et chaque Juglar se décomposerait en trois cycles Kitchin d'un peu plus de 3 ans chacun.