Lecture : sur le marché travail, on ne voit pas, à première vue, de grandes différences entre le Japon et la France ; la protection de l'emploi est de rigueur semblable ; la durée moyenne du chômage en 2003 est de 13 mois en France, de 12 mois au Japon, de 4 mois aux Etats-Unis ; mais on sait que les taux de chômage sont difficilement comparables. Le niveau de formation de la main d'œuvre ne diffère pas sensiblement. Dans les années 1970-1980, le nombre des licenciements a constamment dépassé un million chaque année au Japon, niveau à nouveau atteint en 1998. La montée du chômage depuis 1992 (de 2% en 1992 à 5% actuellement) montre que le tabou n'est plus, mais que le licenciement reste tout de même une solution de dernière extrémité au Japon, en lien avec le rôle important des juges dans les procédures. En effet, la définition très générale du licenciement abusif par les tribunaux a rendu plus floues les conditions de licenciement ; cela a pu par ailleurs constituer un frein à l'embauche de travailleurs réguliers.
Si le modèle social japonais rend le recours au licenciement encore difficile au début des années 2000, l'augmentation des mises à la retraite anticipée, les embauches de professionnels spécialisés à mi-carrière, la montée de la part des contrats à durée déterminée attestent d'une évolution du rôle de l'entreprise. En 2001, environ 25% des salariés ont un statut précaire, contre 12% en 1990.