France métropolitaine – juin 2008 – enseignement obligatoire
Thèmes : travail, croissance
Type : dissertation appuyée sur un dossier documentaire
Dossier réalisé par Dominique Szczesny
Les générations qui sont arrivées sur le marché du travail dans les années 1980 avaient des aspirations différentes de celles de leurs aînés et disposaient d’un niveau de qualification plus élevé ce qui rendait les anciens modèles d’organisation du travail inadaptés ; en conséquence il a fallu promouvoir de nouveaux modèles.
Les anciens modèles étaient inadaptés à une production qui doit s’inscrire dans le cadre la compétitivité prix mais aussi de plus en plus hors-prix.
Le document met en lumière la progression des contraintes traditionnelles pesant sur les salariés alors que de nouvelles formes d’organisation du travail se sont mises en place (par ex. progression de 2,6 points de pourcentage entre 1984 et 1995 de la part des salariés qui déclarent être contraints par la cadence automatique d’une machine).
De plus, de nouvelles contraintes liés aux nouvelles formes d’organisation du travail se sont développées (par ex. + 24,7 points de la proportion de salariés qui déclarent que leur rythme de travail est imposé par une demande extérieure exigeant une réponse immédiate).
Le document met en lumière les nouvelles contraintes qui pèsent sur les salariés (par ex. contraintes qui ont pour origine les souhaits des actionnaires ; pratiques managériales développant l’individualisme, intensification du travail en contrepartie de la réduction du temps de travail). Ces arguments seront à relier à ceux figurant dans le document n°2.
Il met aussi en exergue les effets de ces nouvelles formes d’organisations du travail qui peuvent être contre-productifs.
Ce document met en avant les mobiles pour lesquels les entreprises font appel à la flexibilité.
L'argument majeur proposé pour un recours plus important à la flexibilité est la plus grande adaptation aux fluctuations de la production (par ex. 81 % des cas).
Dans l’hypothèse où le recours à de la main d’œuvre précaire n’est pas possible, les entreprises privilégient la flexibilité interne reposant sur les heures supplémentaires (par ex. 38 % des cas) voire externe en faisant appel à la sous-traitance (31 % des cas).
Dans la décennie 1970, c’est la Suède qui a servi de modèle aux entreprises françaises voulant rompre avec la logique taylorienne-fordiste ; la plus grande autonomie des salariés avait pour objectif de lutter contre la rotation du personnel et satisfaire davantage les aspirations des salariés. Le but principal à atteindre s’inscrivait dans la réduction des coûts et la réalisation d’économies d’échelle.
Dans la décennie 1980, c’est le modèle japonais (le toyotisme) qui a servi de référence ; le but à atteindre s’inscrivait dans le cadre d’une plus grande adaptation de la production à réaliser à la demande et dans celui d’une plus grande qualité des biens à produire.
Ce document propose de mettre en relation le développement des emplois précaires et la croissance économique.
Dans un premier temps, on peut mettre en évidence qu’à une progression de l’emploi précaire correspond une accélération de la croissance économique (par ex. période des années 1985-2000 : les emplois précaires ont pratiquement été multipliés par trois alors que la progression à l’année des richesses créées a presque doublé).
En revanche, sur la période récente c'est-à-dire entre 2000 et 2005, les emplois précaires ont continué à progresser de près d’un million alors que l’on assiste à un ralentissement de la croissance puisqu’elle est passée de + 4 % à + 2 %.
La production repose sur la mobilisation des facteurs de production que sont le capital et le travail. L’accroissement sur le long terme du volume à produire é requiert donc un choix quant à la manière de les mobiliser.
En parallèle, il faut remarquer que si la progression du produit intérieur brut caractérise les économies modernes, il s’avère que le début des années 1970 a marqué un coup d’arrêt à une période sans précédent dans l’histoire économique des pays développés à économie de marché : les Trente Glorieuses.
Comment alors retrouver le chemin d’une croissance économique forte ? La mise en place de nouveaux modes d’organisations du travail est apparue comme une solution possible.
Il s’agira donc de s’attacher à vérifier en quoi ces nouveaux modes d’organisation du travail peuvent constituer une possibilité de renouer avec la progression soutenue du volume de biens et de services à produire. Mais il ne faudra pas exclure le fait que le développement de la flexibilité et du toyotisme produisent aussi à des effets pervers quant à l’impact des nouvelles d’organisation du travail sur la croissance économique.
Les modes d’organisation proposés dans les années 1970 et plus particulièrement en Suède ont eu pour objectif la réalisation d’économies d’échelle et la réduction des coûts (document n°5) contrairement aux modèles basés sur la division du travail qui devenaient contre-productifs car inadaptés aux variations de la demande mais aussi aux aspirations de la main d’œuvre (document n°1).
Ces organisations produisent donc des effets sur la production via la compétitivité-prix.
Ces modèles reposent sur la flexibilité : elle peut être interne ou externe (document n°4).
L’objectif à atteindre s’inscrit dans le cadre d’une plus grande adaptabilité de l’offre par rapport à la demande (par ex. cinq zéros dans le modèle toyotiste) ou dans celui de la compétitivité hors-prix (document n°5).
Le développement de la flexibilité externe a permis de soutenir la croissance économique dans une certaine mesure (document n°6).
Le lien entre les nouvelles formes d’organisation du travail et croissance économique est plus difficile à établir sur la période récente : on assiste à une progression de la main d’œuvre précaire pour produire et, en parallèle, on constate un ralentissement de la croissance économique (document n°6).
Ces modèles peuvent s’avérer également contre-productifs (document n°3).
Ces modèles reposent sur un développement très important de l’individualisme qui renforce la pression exercée sur la main d’œuvre (document n°3).
De nouvelles contraintes liées à ces nouveaux modes d’organisation du travail pesant sur la main d’œuvre apparaissent. (document n°2)
Et les anciennes contraintes liées aux modes d’organisation antérieurs n’ont pas non plus disparues (document n°2).
Il s’avère donc que le développement de la flexibilité et du modèle toyotiste ont eu un effet en termes d’accroissement des richesses créées. Cependant, le niveau de la progression de ces richesses demeure modeste par rapport à celui enregistré au lendemain du second conflit mondial. Il faut donc mettre en avant que, même s’ils ont pu permettre au système productif d’être moins rigide et de pouvoir s’adapter aux fluctuations de la demande, les effets pervers produits par ces nouveaux modes d’organisation du travail sont réels. On peut citer les contraintes nouvelles qui pèsent sur le facteur travail et qui se cumulent avec les anciennes.
Pour permettre de faire des gains de productivité supplémentaires, les nouveaux modes d’organisation du travail doivent donc s’accompagner d’un approfondissement du dialogue social au sein de chaque entreprise, et aussi d’un approfondissement des politiques de formation visant à valoriser davantage le capital humain (politiques de formation tout au long de la vie notamment).