Face à la radicalisation et à la médiatisation de certains conflits du travail (séquestrations de patrons, grèves de la faim), on peut s’interroger sur un renouveau de l’action collective dans les entreprises. Or le nombre de journées individuelles non travaillées pour fait de grève a tendance à baisser depuis le milieu des années 1970 : 4 millions en 1976, 1,5 million en 1981, (hors agriculture et fonction publique), 220 000 en 2005 (hors transports). La part des entreprises déclarant au moins une grève a sensiblement diminué entre 2005 et 2006, passant de 2,7 % à 1,9 %. La division par deux du nombre de journées de grève dans les transports contribue largement à la baisse globale.
En revanche, si le nombre de grèves de plus de deux jours diminue, les débrayages, les pétitions, les manifestations et, surtout, les refus collectifs d’heures supplémentaires (augmentation de 200 %) ont touché un nombre plus important d’entreprises.
Les actions spectaculaires auxquelles nous assistons depuis peu sont exacerbées par la situation de crise. Même si elles restent sporadiques, elles sont révélatrices d’un changement des modalités de contestation sociale.
Thème : travail et emploi
Mise en ligne : 04/05/2009
Source : DARES
Dossier réalisé par Emmanuelle Simon-Ledoux
*journées individuelles non travaillées
champ : tous secteurs hors agriculture et fonction publique (ministère chargé du travail)
source : DARES
Il s'agit des conflits localisés dans les entreprises, y compris les entreprises publiques du secteur des transports jusqu'en 1996 (SNCF, RATP, Air France, etc.).
Un conflit localisé répond à un mot d'ordre interne à l'entreprise, un conflit généralisé à un mot d'ordre extérieur à l'entreprise.
A partir de 1996 : données redressées portant sur les entreprises privées hors transports, telles que publiées dans les deux derniers "Premières Synthèses" n° 18.4, mai 2005 et n° 45.1, novembre 2005.
A partir de 2005, cf. nouvelle série statistique issue de l'enquête Acemo "Négociation et représentation des salariés".