Malgré les réticences d'une partie du corps médical et la méfiance de nombreux patients, le marché français des médicaments génériques offre des perspectives de croissance importantes. Toutefois, malgré des taux de croissance à deux chiffres, la taille de ce marché demeure limité : en 2001, il ne représentait que 3,1% des ventes de médicaments remboursables en valeur et 6,7% en volume.
Lorsqu'un laboratoire découvre une molécule potentiellement efficace, il dépose un ou des brevets auprès des autorités compétentes. En France, cette autorité est l'institut national de propriété intellectuelle (INPI) et la durée d'un brevet pour un médicament est de 20 ans.
A la fin de cette période, le brevet expire et la molécule tombe dans le domaine public. A partir de là, tout autre établissement pharmaceutique peut fabriquer et vendre des médicaments avec cette même molécule. Il s'agit alors de médicaments dits "génériques" qui remplissent les mêmes critères d'efficacité, de qualité et de sécurité que le médicament original.
Le principal avantage des médicaments génériques réside dans leur coût. La molécule ayant déjà été identifiée, la constitution de la demande d'autorisation de vente est moins onéreuse et le prix de vente s'en ressent. En moyenne, le prix d'un générique est de 30% inférieur à celui de l'original. Les génériques représentent donc une source potentielle d'économies pour l'assurance maladie.
Depuis le mois de juin 1999, les pharmaciens ont légalement le droit de pratiquer une substitution entre médicaments brevetés et médicaments génériques, à condition que ni le médecin, ni le patient ne s'y opposent. Il sont encouragés à effectuer cette substitution par des mesures financières (les marges réalisées sur les génériques par les pharmaciens sont supérieures à celles qui sont autorisées sur les médicaments brevetés).
Depuis la loi de finances pour 2002, les médecins sont également autorisés à rédiger leur prescription en utilisant le nom de la molécule et non celui du médicament breveté (prescription dite en dénomination commune internationale, DCI)
Le 1er juillet 2002, les médecins se sont engagés à prescrire 12,5% de médicaments génériques et 25% en DCI.
Toutefois, et malgré une progression de 23% de 2000 à 2001, le marché des médicaments génériques reste quantitativement limité. Les génériques ne représentaient en 2001 que 3,1% des médicaments remboursés contre 15% pour la moyenne européenne et 40% en Allemagne. En 2004, la part des génériques a atteint 6%. Pour encourager cette évolution, la réforme de l'assurance maladie adoptée en août 2004 a prévu quelques mesures importantes. D'une part, le prix des médicaments génériques va être réduit et d'autre part, le délai de protection des médicaments brevetés va être réduit (transposition de la directive européenne n°2004/27/CE).