Ecole et inégalités sociales

Les inégalités dans l'accès à la formation continue

 

La loi sur la formation professionnelle du 16 juillet 1971 annonçait l'objectif de favoriser la promotion sociale et l'égalité professionnelle en offrant une possibilité de prolonger ses études même de nombreuses années après la sortie du système scolaire.

Cette loi avait notamment pour vocation d'offrir une seconde chance à toutes les personnes sorties prématurément du système scolaire.

Or, si entre janvier 1999 et février 2000, près de 9 millions de personnes ont participé à au moins une formation - soit 28% des individus d'au plus 65 ans sortis du système scolaire-, on s'aperçoit que ce sont les individus les plus diplômés qui ont le plus accès à la formation continue.

Taux d'accès à la formation continue entre janvier 1999 et février 2000 (en %)

Champ : personnes âgées de 15 à 65 ans inclus et sorties du système scolaire depuis au moins un an.

Lecture : 51,5% des personnes âgées de 15 à 65 ans sorties du système scolaire depuis au moins un an qui détiennent une licence, un maîtrise ou un diplôme plus élevé ont suivi une formation entre janvier 1999 et février 2000.

Source : Céreq-Insee, enquête Formation continue 2000, in Données Sociales 2002-2003, INSEE

En créant une obligation légale pour l'employeur de participer au financement de la formation professionnelle, la loi de 1971 a contribué à diffuser les formations en entreprises.

Ainsi, 68% de l'ensemble des formations suivies entre janvier 1999 et février 2000 ont été financées par l'employeur et 80% des personnes ayant suivi une formation entre janvier 1999 et février 2000 étaient salariées.

De fortes disparités selon le niveau de qualification dans l'accès aux formations financées par l'employeur subsistent : entre janvier 1999 et février 2000, 45,9% des cadres ont suivi au moins une formation financée par les employeurs contre 24,9% des employés, moins de 20% des ouvriers qualifiés et 11,8% des ouvriers non qualifiés.

Une fois prises en compte les évolutions structurelles depuis 30 ans (baisse tendancielle du nombre d'ouvriers et augmentation du nombre de cadres), on remarque que les différentiels d'accès à ces formations ne se sont pas atténués. En particulier, malgré les profonds changements du travail des ouvriers, il n'y a pas eu de réajustement significatif de l'effort de formation en leur faveur.

Comment interpréter ces différences d'accès ?

  • Elles ne sont pas le fruit d'une différence d'appétence individuelle pour la formation
  • L'environnement professionnel doit être pris en compte (secteur d'emploi, organisation du travail, taille de l'entreprise), plus ou moins favorable au départ en formation, de même que l'intérêt de l'employeur et sa vision de la formation comme investissement.
  • Les salariés les moins qualifiés apparaissent moins informés des possibilités d'accéder à la formation que les cadres et les salariés des professions intermédiaires.
  • La formation n'apparaît pas toujours utile du point de vue des salariés les moins qualifiés, soit que leur métier ou fonction exercée ne nécessite pas d'adaptation ou de perfectionnement, soit qu'ils n'envisagent pas de rétribution de l'effort consenti en termes de salaires et de promotion. Ainsi, compter sur une prise d'initiative individuelle pour réduire les disparités d'accès à la formation risque de ne pas atteindre le but escompté.
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