La taxe Tobin à l'épreuve

Les crises financières : le cas mexicain

 La crise mexicaine, qui s'est déroulée de décembre 1994 à janvier 1995, illustre les dysfonctionnements de marchés trop volatils dans les pays émergents et de politiques économiques inappropriées.

Une surévaluation du peso


"Le pacte pour la stabilité, la compétitivité et l'emploi" appliqué en 1988 par le président Salinas a permis une déréglementation de l'économie nationale. Cette politique s'est notamment traduite par la création d'un marché unifié des capitaux et par l'arrivée de fonds élevés : de 1990 à 1994, des investissements directs à hauteur de 62 milliards de $ mais surtout des investissements de portefeuille (placements à court terme) de 116 milliards de $ ont été effectués dans la région par des sociétés étrangères. Malgré cet apport le peso mexicain a conservé un taux de change nominal de 3 pesos pour un dollar, les dévaluations successives du peso (mécanisme du crawling peg) étant de faible ampleur. Compte tenu du différentiel d'inflation entre le Mexique et les Etats-Unis, ceci correspondait en fait à une appréciation de 60% entre 1988 et 1994, conduisant à l'apparition d'un déficit de la balance courante de 8% du PIB pour cette année.

La crise et ses remèdes


Les attaques spéculatives menées contre le peso surévalué à partir de décembre 1994 ont conduit à renverser les flux financiers dans la crainte d'une dévaluation qui diminuerait la rentabilité des placements financiers des non-résidents. En quelques jours les investissements en portefeuille ont été rapatriés, déclenchant une crise de liquidité majeure au Mexique, incapable d'assurer ses remboursements. Cette crise s'est propagée sur les marchés boursiers de l'ensemble des pays émergents au début de l'année 1995 (sous le nom d'effet Tequila).

Pour lutter à court terme contre cette crise de liquidité, le FMI et les Etats-Unis ont mis en place sous forme de prêts et de garanties une avance de plus de 50 milliards de $. Des indicateurs de surveillance ont par ailleurs été instaurés pour mettre sous surveillance les marchés émergents au FMI, afin de mieux anticiper les déséquilibres macro-économiques, notamment en matière de balance des paiements.

 

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