L'organisation des pouvoirs publics

3. La dynamique des dépenses publiques

3.2. Les causes de la croissance des dépenses publiques

Documents associés - Textes de référence

Les asymétries institutionnelles et la demande de services publics


André Christine et Delorme Robert, (1983), L'Etat et l'économie, Paris, Le Seuil, p. 135-136


Les dépenses publiques croîtraient d'une manière en quelque sorte autonome, sans que personne ne demande plus de dépense, par une espèce de dérive des institutions, en particulier un biais du régime électoral. La règle majoritaire impliquerait des résultats poussant à la croissance des dépenses publiques.

Cela viendrait de ce que les dépenses sont concentrées sur un population de bénéficiaires limitée ou appartenant à des groupes petits alors que la charge fiscale est répartie sur un grand nombre d'individus. Dans ces conditions, tout électeur ayant un intérêt personnel à la réalisation d'une dépense se joindra à une coalition en faveur de celle-ci, pour laquelle 51 % de voix suffisent alors que le coût est réparti sur l'ensemble de la population, y compris les 49 % qui n'ont pas d'intérêt personnel à la réalisation de la dépense mais qui devront néanmoins contribuer à son financement. La possibilité de bénéficier d'un service public en ne payant qu'une partie de son coût est à l'origine de ce biais.