Les investisseurs s'inquiètent du risque que les crédits immobiliers à haut risque font peser sur l'économie américaine. Durant les dernières années, le marché immobilier tirait la croissance vers la haut de 1 à 1,5 points. Aujourd'hui, en raison de la stagnation des prix et du ralentissement pressenti de l'économie américaine, Lehman Brothers estime à 2 millions le nombre de foyers qui pourraient voir leur logement saisi. Les retards de paiement ont atteint près de 5% au quatrième trimestre 2006 soit leur plus haut niveau en 4 ans. Si seulement 0,5% des prêts se terminent par une saisie, le taux atteint 4,53% pour les prêts à haut risque. Ce type de crédit est proposé aux emprunteurs ne disposant pas d'apport personnel ou pour qui le risque de défaut est accru. L'éthique et la réglementation de la profession sont également en cause : la sélection des dossiers, en période de forte hausse du marché, a pu être négligée. Fin 2006, un dossier de prêt sur 200 donnait lieu à une procédure de saisie. 1,5 millions d'emprunteurs devraient faire l'objet d'une procédure en 2007 selon la société RealityTrac.
Certains prêts proposant de faibles mensualités les deux premières années et une forte hausse ensuite sont notamment en cause en période de hausse des taux.
Le retournement de conjoncture doit encore être confirmé : l'OCDE estime que l'économie américaine est en train "d'atterrir en douceur". Les saisies ne frappent pas encore les classes moyennes mais principalement pour les ménages issus des minorités ethniques (environ 50% des Afro-américains et 40% des "Latinos" ont obtenu leur prêt immobilier grâce aux prêts à haut risque). La question immobilière est en passe de devenir une question sociale. Dans le pays où devenir propriétaire est un symbole de réussite, la hausse des saisies pourrait apparaître comme une fissure dans le rêve américain