Politique budgétaire

4. Les enjeux d'une politique budgétaire dans l'Union européenne

4.1. Le pacte de stabilité et de croissance

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Le policy-mix dans la zone euro et aux États-Unis évolution et impact depuis 2001


Borgy Vladimir, Gonand Frédéric et Sagnes Nicolas, (2003), "La policy-mix dans la zone euro et aux Etats-Unis : évolution et impact depuis 2001", Analyses économiques, Direction de la prévision, Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie, p. 1-2

Disponible sur le site du MINEFI



Depuis le ralentissement de l'activité mondiale intervenu en 2001, l'économie américaine a crû de 1,5% en rythme annualisé contre seulement 1,0% pour celle de la zone euro. Au-delà de facteurs plus structurels, notamment démographiques, un élément souvent avancé pour expliquer ce dynamisme différencié des économies de part et d'autre de l'atlantique est le degré plus ou moins stimulant du "policy-mix" qui a été mis en oeuvre ces dernières années.

Le "policy-mix" désigne l'orientation macroéconomique à court terme conjointe de la politique budgétaire et de la politique monétaire. Son évolution traduit les choix de politique économique au regard du contexte conjoncturel.

Ainsi défini, le policy-mix aux États-Unis paraît effectivement avoir été sensiblement plus réactif à la décélération de l'activité depuis 2001 que dans la zone euro

  • La politique budgétaire américaine a été très expansionniste alors que les dispositions du Pacte de Stabilité dans la zone euro n'ont pas favorisé une orientation aussi accommodante des finances publiques. Le déficit structurel des administrations américaines se serait creusé de 4 points entre 2001 et 2003, alors qu'il se serait pratiquement stabilisé dans la zone euro. Les baisses d'impôts massives aux États-Unis auraient notamment augmenté le pouvoir d'achat des ménages de prés de 2 points de revenu sur la période 2001-2003.
  • La baisse des taux directeurs a été sensiblement plus importante et plus rapide aux États-Unis. Sur la période début 2001-été 2003, l'assouplissement monétaire de la Fed a atteint 550 points de base et s'est concentré sur 2001. La détente monétaire de la BCE a été plus limitée (275 points de base sur la même période) et plus graduelle. Par ailleurs, les canaux de transmission de la politique monétaire sont plus efficaces aux États-Unis, en lien notamment avec les mécanismes de refinancement hypothécaire ("cash-out") dont l'impact favorable sur la consommation est très important en période de baisse des taux d'intérêt.


Les effets favorables sur la croissance américaine de ces politiques conjoncturelles ont été renforcés depuis 2002 par l'impact de la dépréciation du dollar, alors que l'appréciation de l'euro a pesé sur l'activité dans la zone euro.

L'interprétation des comparaisons de policy-mix doit néanmoins rester prudente. Elle exige de distinguer ce qui, dans la variation du solde des administrations publiques, relève de choix discrétionnaire de politique budgétaire et ce qui ne correspond qu'aux variations cycliques des recettes et des dépenses. Or le partage de l'évolution des recettes entre une composante "structurelle" et une composante "conjoncturelle" n'est pas une science exacte, ce dont atteste la diversité des évaluations faites, par exemple, par les organisations internationales. […]

Au total, le jugement sur les vertus comparées des politiques économiques conjoncturelles de part et d'autre de l'Atlantique est très lié au diagnostic sur la nature du ralentissement ayant affecté les économies occidentales

  • Si son origine est un cycle habituel de la demande, simplement un peu plus prononcé qu'à l'accoutumée, alors l'activisme plus grand des autorités américaines aura été rétrospectivement justifié, surtout s'il s'avérait réversible dans le cadre d'une stratégie d'assainissement à moyen terme des finances publiques.
  • Si, au contraire, l'impact sur l'activité des facteurs d'offre (excès d'accumulation du capital et des dettes) s'avérait ex post avoir joué un rôle significatif dans le retournement de cycle, alors les politiques de gestion active de la demande menées par les autorités américaines se révéleront inefficaces et auront accru les risques pesant sur la croissance américaine à moyen terme.

Evolution de la policy-mix aux Etats-Unis

 

Evolution de la policy mix dans la zone euro