Dans un hôpital du district de Babati (Tanzanie), des médicaments importés essentiels disparaissent du dispensaire public dans les heures qui suivent leur livraison, mais on peut les acheter au domicile du médecin le soir même. Les pauvres ne reçoivent pas les soins médicaux gratuits promis par l'État, mais les gens qui ont des relations et les moyens de payer peuvent se procurer tous les produits pharmaceutiques qu'ils veulent.
À Johannesburg (Afrique du Sud), la fréquence des vols et des agressions est parmi les plus élevées du monde. Les riches peuvent payer des systèmes d'alarme ultramodernes, des gardes et d'autres services de police privés pour protéger leurs biens et leur personne. Les pauvres sont condamnés à vivre dans des habitations de fortune, parfois dépourvues du moindre verrou, et sont une proie facile pour les voleurs, les agresseurs et les assassins.
Au Pakistan, un homme trop âgé pour travailler s'est retrouvé sans ressources et sans revenu après le meurtre de son fils. Pour pouvoir faire valoir ses droits à l'héritage de son fils, il lui faut un certificat de succession délivré par le tribunal civil de Lahore, ville située à plus de 160 kilomètres de chez lui. Le billet de train et le pot-de-vin du greffier du tribunal l'enfoncent encore davantage dans les dettes et, pourtant, après s'être rendu au tribunal cinq fois en cinq mois, il n'a pas encore obtenu la pièce dûment timbrée à laquelle il a droit. Le greffier refuse de délivrer le certificat et les autorités du village où il habite lui dénient l'accès aux biens de son fils tant qu'il n'a pas de certificat