Vers une convergence des politiques monétaires entre la zone euro et les Etats-Unis

Le jeu de la "transparence"La banque centrale européenne

La banque centrale européenne


La BCE était, avant janvier 2001 (et la décision de publier ses prévisions), un modèle d'opacité, dans le droit fil de la Bundesbank ; de plus, ses actions depuis bientôt trois ans ont souvent surpris les marchés : par exemple, la baisse des taux d'avril 1999 n'était pas anticipée, la forte hausse de l'été 2000 non plus.

Les marchés ont quelque doute sur l'objectif des 2% d'inflation (fréquemment dépassé depuis deux ans) et sur le “ premier pilier ” (valeur de référence de 4,5% pour M3) ; suit-elle l'inflation effective ou l'inflation sous-jacente ? quel poids accorde-t-elle à la valeur de l'euro ? on peut penser que sa jeunesse (et donc l'absence de repères sur moyenne période) la dessert, mais sa communication est également en cause.

Plus généralement, il y a un manque de responsabilité de la BCE : le Parlement européen ne peut exercer un véritable contrôle, l'Eurogroupe est divisé, la Commission manque de légitimité.

Le bureau fédéral de réserves


La Fed est sans doute l'une des institutions américaines parmi les moins transparente : elle publie les minutes des réunions du FOMC mais elle ne publie pas son modèle et ses prévisions n'apparaissent qu'épisodiquement (lors des dépositions d'Alan Greenspan devant le congrès, Humphrey-Hawking Testimony) ou imparfaitement (délais de 5 ans pour le Livre Vert). Son mandat large et l'absence de tout chiffrage des objectifs sont déjà une invitation (étonnante pour ce pays ) à la pratique de politiques discrétionnaires et opaques.

Toutefois, la Fed cherche à ne surtout pas surprendre les marchés (voir doc 8) et les auditions devant le congrès sont prises très au sérieux.

Au total, les dispositifs institutionnels existants de part et d'autre, et en particulier le manque d'unification politique en Europe, aboutissent à une transparence plus marquée aux Etats-Unis.

 

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