Le commerce mondial à la peine

L’année 2009 aura connu la plus forte contraction des échanges depuis 70 ans. Si la baisse a été très prononcée en termes de volume (- 12%), elle l’a été encore plus en dollars US courants (- 23%), en raison notamment de la chute des cours du pétrole et d'autres produits primaires. La cause première est la forte contraction de la demande mondiale, liée à la récession déclenchée par la crise des prêts hypothécaires à haut risque aux États-Unis. La faible disponibilité des crédits commerciaux a aussi joué un rôle. La nette diminution de la richesse provoquée par la récession a amené les ménages et les entreprises à réduire leurs dépenses, pour tous les types de produits, en particulier les biens de consommation durables (par exemple, les automobiles) et les biens d'équipement tels que les machines industrielles. Les achats de ces produits peuvent aisément être reportés devant une conjoncture économique plus incertaine, et ils ont peut-être aussi été plus sensibles que d'autres aux conditions du crédit. La réduction de la demande de ces produits s'est alors répercutée sur les marchés qui fournissent les intrants utilisés dans leur production – notamment le fer et l'acier. 

La baisse de la demande de fer et d'acier s'explique aussi par le marasme de la construction et du bâtiment dans les pays où les marchés immobiliers étaient florissants avant la crise (États-Unis, Royaume-Uni, Irlande et Espagne, par exemple). Il convient aussi de souligner l’effet de la décomposition internationale des processus productifs sur les statistiques : les produits traversant les frontières nationales plusieurs fois durant le processus de production avant de parvenir à leur destination finale, cela a eu pour effet de gonfler la contraction des échanges telle qu'elle a été mesurée.

L’OMC se félicite toutefois du fait que malgré la crise, les mesures protectionnistes ont plutôt régressé alors que l’on pouvait craindre leur renforcement. Malgré tout, les économistes de l’OMC prévoient une reprise du commerce mondial en 2010. Les exportations des économies développées devraient augmenter de 7,5 % en volume sur l'année, tandis que celles du reste du monde (y compris les pays en développement et la Communauté d'États indépendants) devraient croître de 11 % environ, tout cela évidemment à la condition  que le monde puisse  émerger de la récession.

Thème : mondialisation
Mise en ligne : 21/05/2010
Source : OMC

Dossier réalisé par Emmanuelle Simon-Ledoux

Volume des exportations mondiales de marchandises, 1965-2009
(variation annuelle en %)

Source: Secrétariat de l'OMC

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