Il n'est pas dans notre plan de traiter des moyens d'encourager l'industrie du pays que tout le monde reconnaît efficaces et praticables. Dans cette classe se rangent, par exemple, les établissements d'instruction et, particulièrement, les écoles techniques, les expositions, les distributions de prix, le perfectionnement des voies de communication, les brevets d'invention, enfin toutes les lois et toutes les institutions qui favorisent l'industrie et règlent le commerce intérieur et extérieur. Nous n'avons à parler ici que de la législation de douane en tant que moyen d'éducation industrielle.
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Les mesures de protection ne sont légitimes que dans le but d'aider et d'affermir l'industrie manufacturière du pays, chez des nations qu'un territoire étendu et bien arrondi, une population considérable, de vastes ressources naturelles, une agriculture avancée, un haut degré de civilisation et d'éducation politique appellent à prendre rang parmi celles qui excellent à la fois dans l'agriculture, dans l'industrie manufacturière et dans le commerce, parmi les premières puissances maritimes et continentales.
La protection est accordée sous la forme, soit de la prohibition absolue de certains articles fabriqués, soit de droits élevés qui équivalent ou à peu près à la prohibition, soit enfin de droits modérés. Aucun de ces modes n'est absolument bon ou mauvais, et c'est la situation particulière de la nation et celle de son industrie qui indiquent lequel lui est applicable.
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Les nations qui ne sont point encore très avancées dans la mécanique, doivent laisser entrer en franchise toutes les machines compliquées ou du moins ne les taxer que faiblement, jusqu'à ce qu'elles soient en mesure d'égaler sous ce rapport la nation la plus habile. Les ateliers de machine sont en quelque sorte des fabriques de fabriques, et tout droit d'importation sur les machines étrangères est une entrave à l'industrie manufacturière du pays en général. Mais comme, en raison de leur puissante influence sur l'ensemble des manufactures, il importe que la nation ne dépende pas, pour son approvisionnement en machine, des vicissitudes de la guerre, cette industrie a des titres tout particuliers à l'appui direct de l'État, dans le cas où avec des droits modérés elle ne pourrait soutenir la concurrence du dehors. Au moins, l'État doit-il encourager et soutenir directement les ateliers de machines du pays, dans la mesure voulue pour qu'en temps de guerre ils puissent d'abord suffire aux besoins les plus pressants, puis, dans le cas d'une interruption prolongée, servir de modèles à de nouveaux ateliers.