disponible sur http://www.oecd.org/dataoecd/25/27/2671086.pdf
Le capital humain englobe les connaissances, les qualifications et des caractéristiques personnelles telles que la persévérance. Pour les individus, l'investissement dans le capital humain procure un rendement économique en augmentant à la fois les taux d'emploi et les revenus du travail. On peut démontrer ce résultat soit en examinant les niveaux d'instruction, soit par des mesures plus directes du capital humain telles que les résultats obtenus aux évaluations des capacités de lecture, d'écriture et de calcul. Outre les avantages dont profitent les individus, l'investissement dans le capital humain peut être bénéfique pour l'économie dans son ensemble. En principe, il devrait être possible de discerner cette incidence économique globale dans le taux de croissance économique, mais en pratique il est difficile de la confirmer et de la chiffrer. Des travaux très récents de l'OCDE ont contribué à apporter des éclaircissements à cet égard et ont montré que dans les pays Membres, une année supplémentaire d'études aboutit, en moyenne et à long terme, à un accroissement de la production par habitant de 4 à 7 pour cent. Le capital humain a aussi de multiples avantages non économiques. Ainsi, l'instruction :
• tend à améliorer la santé (elle-même une forme de capital humain). Une année supplémentaire d'études réduit, selon les estimations, la consommation quotidienne de cigarettes de 1,6 pour les hommes et de 1,1 pour les femmes ;
• semble accroître le bonheur ;
• favorise l'instruction de la génération suivante. Les enfants dont les parents ont atteint le deuxième cycle de l'enseignement secondaire ont eux-mêmes plus de chance d'aller au bout de leurs études secondaires ;
et
• est associée à une participation plus grande à la vie civique, à des activités bénévoles plus nombreuses, à l'octroi de dons plus importants à des œuvres de charité, et à un risque plus faible de délinquance.
On constate que la demande de capital humain évolue. Les changements apportés à l'organisation du travail, souvent conjugués à une utilisation plus intensive des TIC (technologies de l'information et de la communication), semblent aboutir à une progression de la demande de compétences polyvalentes telles que l'aptitude à travailler en équipe, la flexibilité et le sens de la communication. Parallèlement, il se pourrait que la demande de travailleurs dotés seulement de qualifications rudimentaires baisse.
Le capital humain se forme dans divers contextes – au sein de la famille et du foyer, dans l'environnement immédiat, sur le lieu de travail et dans de nombreux autres cadres. La sphère d'intervention des pouvoirs publics est donc vaste.
Il est à présent possible de démontrer que le développement de l'enseignement post-obligatoire contribue à la croissance économique dans les pays de l'OCDE. Certes, ce constat souligne la valeur de l'investissement dans la formation après l'obligation scolaire, mais l'efficacité de cet investissement dépend beaucoup de la qualité de l'enseignement scolaire voire préscolaire. Le développement des formations post-obligatoires doit être accompagné de mesures de nature à résoudre les problèmes de niveaux et d'échec dans le système obligatoire et aussi à développer l'accueil et l'éducation des tout jeunes enfants, et en améliorer la qualité.
Bien que les données à cet égard demeurent quelque peu incertaines, les programmes d'enseignement et les méthodes pédagogiques devront peut-être faire une plus grande place à l'acquisition des compétences polyvalentes, telles que l'aptitude à travailler en équipe, dont la demande pourrait progresser. Lorsque ces compétences sont propres à des contextes organisationnels particuliers, il faudra dans la formation dispensée par les entreprises s'assurer que les besoins de qualification sont satisfaits. Il faudra peut-être réformer l'organisation des possibilités de formation tout au long de la vie ainsi que les incitations financières et fiscales en faveur de l'apprentissage afin de mieux répondre aux besoins des différents apprenants. Il y a lieu d'encourager, et d'évaluer rigoureusement, les formes novatrices de cofinancement, telles que les comptes formation individuels. Des incitations pourraient être envisagées pour favoriser la formation en entreprise, la formation complémentaire à temps partiel, l'alternance du travail et des études et la formation à distance ainsi que la formation basée sur l'utilisation des TIC. Ces mesures devront avoir pour objet de s'attaquer au délicat problème qui se pose pour motiver les adultes, en particulier ceux dont le niveau de formation est faible, à prendre part à des activités d'enseignement et de formation.