Sources et limites de la croissance

1. La croissance définitions et limites

1.1. La mesure de la croissance

Documents associés - Textes de référence

Le PIB comme indicateur synthétique de croissance économique

"Portrait de l'économie mondiale", Cégep du Vieux Montréal


Le PIB est utilisé de bien des façons et non seulement en économie. Nous verrons trois rôles majeurs du PIB soit:

  1. Un indicateur de la performance de l'activité économique d'un pays, du niveau de vie de ses habitants et de son évolution dans le temps ;
  2. Un outil qui permet les comparaisons entre la taille et la puissance relative des économies nationales à travers le monde ;
  3. Une mesure qui permet de relativiser certains phénomènes dans le temps ou l'espace.

Le PIB comme indicateur de performance et comme outil de comparaison est très souvent utilisé par des économistes. Cependant, le troisième rôle du PIB permet une application plus générale en sciences sociales. Voyons maintenant une description brève de chacune de ses propriétés.

Indicateur de la performance économique et du niveau de vie d'un pays

C'est, de loin, l'outil le plus utilisé par les analystes économiques. Il contribue à dresser le bulletin de santé de l'économie. Ainsi, il permet de situer l'activité économique dans une phase de son cycle. Rappelons que le PIB mesure la production d'un pays durant une période de temps donnée. Sachant que la production découle de l'activité des agents économiques, on dira qu'une augmentation du PIB dans le temps illustre une augmentation de la production et donc d'une augmentation de l'activité économique. Les agents économiques qui contribuent à la production retirent donc des revenus (le travailleur retire un salaire, l'entreprise fait un profit sur ses ventes...) de cette participation.

C'est pour cela que le PIB est également un indicateur de l'enrichissement collectif. Mentionnons également qu'une production accrue nécessite une participation plus intense des agents économiques et dans bien des cas cela se traduira par une baisse du chômage.

La mesure de croissance économique est une mesure dérivée du PIB qui facilite l'étude de l'évolution de l'activité économique dans le temps. Elle représente la variation en % du PIB d'une année comparativement à sa valeur à l'année précédente.
La formule suivante illustre la démarche à suivre:

Croissance économiqueannée t = (PIBannée t - PIBannée t-1) * 100 / PIBannée t-1

Comparaison de la taille et de la puissance des économies nationales

Le PIB permet de comparer la valeur de la production des différentes économies nationales dans le monde. Il faut d'abord savoir que la plupart des pays utilisent leur propre monnaie comme moyen d'échange (celles-ci n'ont généralement pas la même valeur) et comme unité de mesure du PIB. Par exemple, au Canada on utilise le dollar canadien, aux États-Unis on transige en dollar US (United States) et en Russie c'est le rouble qui sert de moyen d'échange. Ces pays calculent d'abord leur PIB en prenant leur monnaie respective (Pays : PIB DE 2000) :

  • Canada : 1300 milliards $ CAN
  • Etats-Unis : 11 677 milliards $ US
  • Russie : 7219 milliards de roubles

Il est impossible d'interpréter adéquatement ces chiffres car ils ne sont pas exprimés selon une valeur commune (dans le langage populaire on dirait que l'on compare des pommes avec des oranges). En regardant les chiffres ci-dessus, on pourrait penser que la Russie possède une économie très productive (ce qui n'est pas le cas en réalité). Pour permettre une comparaison adéquate entre ces pays, nous devrons utiliser qu'une unité de mesure. Ce sont les taux de change qui permettent ces transformations. Généralement, c'est le dollar US qui est utilisé comme étalon de valeur pour les diverses données exprimées en monnaie qui concernent plusieurs pays (prix du sucre, prix du baril de pétrole...) ou qui comparent diverses caractéristiques entre les différentes économies nationales (PIB, investissement à l'étranger).

Par exemple, le tableau 1 illustre, quelques uns des pays ayant les plus gros PIB (en dollars américains). On voit, à travers ces chiffres, que les États-Unis possèdent de loin l'économie la plus importante. La Russie, qui déclassait le Canada et talonnait les États-Unis lors du classement des PIB à l'aide des monnaies nationales, se fait largement dépasser par les Américains et les Canadiens lorsqu'on tient compte du taux de change.

Quelques pays ayant les plus gros PIB du monde en 2004

Le PIB indique clairement la valeur de l'effort productif de chaque pays en plus de déterminer la taille relative de chacune d'elles. Les organismes internationaux utilisent ces comparaisons de différentes façons. Par exemple, le FMI (Fonds Monétaire International) détermine, en partie, la quote-part que chaque pays doit lui remettre à partir du PIB ($ US) du pays en question. De plus, le classement présenté au tableau 1 nous permet d'identifier les acteurs politiques et économiques les plus importants sur la scène mondiale. Il est évident que les positions prises par les États-Unis sur la scène mondiale sont très respectées, pour ne pas dire imposées à l'ensemble de la communauté internationale. Par contre, le gouvernement d'un pays comme la Tanzanie (PIB de 2,6 milliards $US) n'a pratiquement pas d'influence sur les décisions prises à l'extérieur de ses frontières. Le très influent G7 qui a été créé dans le but d'harmoniser les politiques nationales et de fixer des objectifs communs réunissait, au départ, les sept pays capitalistes ayant le plus gros PIB en 1975 (voir le tableau 1). Les décisions prises par le G8 (le G7 plus la Russie admise en 1997) affectent la vie économique de la plupart des habitants de la planète. Par exemple, son objectif économique de faible inflation poursuivi depuis le début des années 80 (taux d'intérêt) a entraîné la présence de forts taux de chômage dans l'ensemble des pays industrialisés.

L'utilisation du PIB comme mesure de comparaison comporte des limites qui peuvent altérer et même fausser certaines interprétations que l'on peut faire à partir de cet indicateur. Nous verrons plus loin, la nature et la portée de ces limites.

Un outil pour relativiser certains phénomènes dans le temps ou l'espace

Les pays ne se comparent pas seulement sur la base de la production nationale. On peut également étudier leur différence dans divers domaines. Pour savoir si par exemple un pays néglige son système de santé ou d'éducation, on se penchera sur la part de la richesse nationale destinée à ces secteurs (dépenses dans la santé/PIB, dépenses dans l'éducation/PIB). C'est à partir de cette division qu'on pourra comparer plus justement la situation de ce pays à la situation qui prévaut dans les autres pays. Les lobbyistes utilisent quelquefois cette procédure pour justifier une expansion des dépenses publiques dans certains domaines.

Au Canada, comme ailleurs dans le monde, le niveau d'endettement des gouvernements devient préoccupant. Pour évaluer la situation réelle de l'endettement d'un pays, les analystes économiques doivent comparer le montant de la dette gouvernementale par rapport au revenu du pays en question. Par exemple : un pays dont le ratio dette/PIB dépasse 100%, indique que sa dette publique est supérieure à tout ce qu'il produit durant une année. Le tableau 1.2b, nous permet de voir que l'équivalent d'un cinquième (20,5%) de la production de l'Angola va en dépenses militaires. En terme absolu, les sommes allouées à la défense en Angola sont minimes comparativement à celles des Etats-Unis (première puissance économique et militaire) : ceux-ci accordent "seulement" 3,3% de leur PIB au dépenses militaires.

Cliquez pour agrandir l'image