En faisant abstraction des nouveaux produits, les évaluations de la commission Boskin aboutissent à un chiffre de 0,5%. Sur le même champ, les évaluations pour la France donnent une fourchette de 0,1% à 0,25%. Cet écart moyen de 0,3% provient des différences entre les méthodes statistiques en France et aux États-Unis. Certaines des méthodes utilisées en France se retrouvent d'ailleurs dans les recommandations de la commission Boskin : l'utilisation de la moyenne géométrique, le chaînage annuel et la révision annuelle des variétés.
Même si une surestimation de 0,1%-0,25% apparaît comme relativement faible, et en particulier de peu d'impact sur la mesure des tensions inflationnistes, on ne peut bien sûr l'admettre sans essayer d'y remédier. Cependant, ceci exigera la mise en œuvre de méthodes complexes et coûteuses.
A la suite du débat autour de la commission Boskin, le Bureau of Labor Statistics a d'ailleurs obtenu une sensible rallonge budgétaire pour son indice des prix à la consommation ; son directeur a pu grâce à elle s'engager récemment sur un programme ambitieux d'amélioration de l'outil (Abraham, 1997).
L'expérience de l'INSEE dans le traitement de l'effet-qualité des micro-ordinateurs a montré que le coût d'une estimation fiable pour ces seuls produits était élevé. Il est hors de portée de l'INSEE de pouvoir procéder seul à la généralisation de ces études. Deux voies d'avenir existent néanmoins. D'abord les instituts de statistique européens commencent à mettre en commun leurs moyens de recherche sur les effets-qualité, ce qui permet d'espérer des économies d'échelle significatives dans le futur. L'INSEE compte aussi beaucoup sur l'élargissement d'un tel programme international de recherche qui doit s'étendre aux pays d'Amérique du Nord. Les marchés de l'automobile et des biens durables sont maintenant internationaux et il n'est plus de mise de gaspiller des ressources à tenter de faire les mêmes estimations dans tous les pays. Ensuite, en accord d'ailleurs avec les recommandations de la commission Boskin et en parallèle avec les actions menées dans de nombreux autres pays, l'INSEE continue de travailler sur un programme d'utilisation plus massive des données détaillées en provenance de sociétés privées d'études de marché. Par leur richesse d'information et leur rapidité d'obtention, ces données figureront probablement parmi les solutions d'avenir pour la correction des biais de substitution de niveau détaillé et de nouveaux circuits de distribution. L'INSEE a déjà publié des études détaillées sur « l'effet circuit d'achat » à partir de telles données. Il poursuivra ces travaux de recherche dans la mesure de ses moyens, il en publiera les résultats dans la plus complète transparence et, bien sûr, il améliorera l'indice des prix à la consommation dès qu'une méthode fiable, incontestable et internationalement reconnue serait mise au point.