Démographie et croissance

La situation démographique au Japon

 

Le Japon constitue un cas d'école pour les pays développés car il va rentrer le premier et rapidement dans la phase de vieillissement de sa population.

Historiquement, la préoccupation démographique de l'archipel fut longtemps le surpeuplement. En effet, l'ascension du Japon moderne, de 1868 à la seconde guerre mondiale, a reposé sur une croissance démographique forte qui a été encouragée par l'idéologie impériale. Puis, après la défaite de 1945, face à l'afflux de rapatriés, une politique de contrôle des naissances a été mise en place. Il s'en est suivi un effondrement du taux de natalité de 34,3 pour 1000 en 1947 à 9,5 pour 1000 en 2000. Parallèlement à cette chute de la natalité, la moyenne d'espérance de vie n'a cessé d'augmenter au Japon pour atteindre 78 ans (hommes) et 85 ans (femmes), ce qui constitue l'espérance de vie la plus élevée au monde. Ainsi, 20% des Japonais sont aujourd'hui âgés de plus de 60 ans, ce qui est le pourcentage le plus élevé des nations industrialisées.

De ce fait, le vieillissement de la population est devenu le nouveau défi auquel doit faire face le pays du point de vue économique et budgétaire. En effet, le vieillissement de la population a un impact direct sur l'état du budget public avec d'un côté, une augmentation des dépenses de retraite et des dépenses médicales et, de l'autre, de moindres recettes. On estime ainsi aujourd'hui à 2,8 millions le nombre des personnes qui ne sont plus autonomes et que les hôpitaux, en surcapacité, ne peuvent plus accueillir.

Le financement des retraites pèse sur l'avenir des finances publiques et explique le peu d'incidence que peuvent avoir des annonces de réduction d'impôts, les ménages anticipant leur hausse future et épargnant en conséquence. Cette perspective de dégradation des retraites a également un effet négatif sur les investissements en logements (la part, dans la population totale, des actifs de 35 ans à 44 ans, qui sont les plus forts acheteurs, est passée de 24,2 % en 1992 à 19,2 % en 1998).

Si les autorités n'ont pas, à l'heure actuelle, lancé de politique nataliste, une réforme du système de retraite a été votée en 1999 dans le but de  faire face aux conséquences financières du vieillissement: recul de l'âge du versement des allocations de retraite, indexation des versements de retraite sur l'inflation, introduction du système de la cotisation définie au lieu et place du système de la prestation définie, augmentation du montant de la cotisation mensuelle…Toutefois, le réexamen de cette réforme prévu pour 2004 a fait l'objet de nombreux débats et n'a pas encore abouti à une révision des textes.

Toutefois, la situation démographique actuelle du Japon ne permet pas de faire l'économie de réformes profondes visant à accroître la population active. Si le recours à la main d'œuvre étrangère pour compenser la diminution de la population active locale paraît exclu du fait de la structure particulière de la société japonaise, il paraît indispensable de mettre en œuvre des réformes destinées à permettre aux femmes de concilier leur  vie professionnelle avec leur vie de famille.

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