Les années 1980 ont donné naissance à toute une série de changements en matière fiscale, sous forme de législations radicales à la fois en 1981 et 1986. La loi sur la fiscalité et la reprise économique (LFRE) entraîna des diminutions importante à la fois des taxes sur les entreprises et les personnes. En vertu de la philosophie de l'économie de l'offre, les taux de l'impôt sur le revenu des personnes physiques ont été systématiquement réduits de 25 %. Les partisans de cette mesure promirent que ces baisses ne diminueraient pas beaucoup les recettes fiscales.
La célèbre loi sur la réforme fiscale (LRE) a constitué une mesure supplémentaire, revêtant de nouvelles caractéristiques importantes :
Quel a été l'impact de la révolution fiscale conservatrice sur l'économie américaine ? La performance de l'économie au cours des années Reagan a fait apparaître la faible amélioration de la plupart des principaux indices de la politique économiques ; le chômage a été plus important qu'au cours des deux décennies précédentes ; le taux d'inflation a été sensiblement le même (bien qu'en baisse par rapport aux années 1970) ; la croissance de la productivité et le taux d'épargne individuelle se sont détériorés depuis les deux précédentes décennies. En outre, les politiques fiscales des années 1980 ont entraîné de grandes transformations dans les structures de l'épargne et de l'investissement, se traduisant par une baisse significative de l'épargne nationale qui traduit surtout un niveau plus élevé de désépargne publique du fait des déficits publics.
Le plus important est sans doute l'apparition de nouvelles attitudes à l'égard de l'Etat. Les présidents Reagan et Bush ont évoqué de façon cohérente le besoin d'autonomie et les dangers pour une société libre à trop s'appuyer sur l'intervention économique de l'Etat. Pareil discours n'avait pas été tenu depuis de nombreuses années par un Président américain. [...]
Bien que les théories de l'économie de l'offre n'aient pas été prouvées scientifiquement, l'Administration Reagan fit siennes les prescriptions de l'économie de l'offre pendant les années 1980. [...]
En fait, l'histoire conforte assez peu les théories de l'économie de l'offre. Les taux de l'épargne individuelle ont baissé plutôt qu'augmenté à la suite des diminutions d'impôts. Les prédiction de la courbe de Laffer selon laquelle les recettes augmentent à la suite des baisses d'impôts s'est révélée fausse. [...] Des effets complexes peuvent apparaître et, étant donné la difficulté de réaliser des expériences contrôlées en économie, aucune évaluation définitive des diminutions d'impôts prônées par l'économie de l'offre n'est possible. Mais la prédiction essentielle des économistes de l'offre - qu'on travaille et épargne considérablement plus si les taux d'imposition marginaux sont diminués - s'est jusqu'à présent révélée fausse.