L'Argentine ou les limites du système de gouvernance financière internationale

La paupérisation de la population


Salama, Pierre"Chronique d’une crise annoncée", (septembre 2002), Haut Conseil de la Coopération Internationale

http://www.hcci.gouv.fr/lecture/etude/et007.html#e1



Le nombre de pauvres atteint déjà 15.251 millions de personnes, dont 6.312 millions d'indigents, sur une population de 36 millions de personnes en octobre 2001. Les perspectives pour mai 2002, établies à partir d'un scénario comportant une inflation faible et une chute de l'activité économique de 5%, sont de 17.167 millions, dont 7.106 millions d'indigents (Informe de la situacion social, Siempro y Desarrollo Social, feb.2002), soit 2 millions de plus en quelques mois. On sait aujourd'hui que ce scénario établi par le gouvernement Duhalde à la veille de la venue de la délégation du FMI, est "optimiste" : la chute du PIB sera pour 2002 dans les voisinages de -15% et l'inflation bien plus élevée que celle prévue. La pauvreté devrait donc s'accroître bien davantage, et ce d'autant plus que les prix de produits de base constituant le "panier" de consommation du pauvre augmentent plus vite que les prix des autres produits. L'estimation officielle de l'inflation sur laquelle a été établie le budget était de 15% pour 2002. Elle est passée début avril à 45/50%.

Selon la Sociedad de Estudos Laborales (Clarin du 9 Avril 2002), il y aurait eu une augmentation du nombre de pauvres dans le Grand Buenos Aires de 1.650 millions d'octobre 2001 à avril 2002, soit au total quasiment 6 millions de pauvres, dépassant de 1 million le nombre de pauvres atteint en 1989, année où l'hyperinflation conjuguée à la crise avait produit le chiffre le plus élevé de pauvres. Ce nouveau "record" représente 49,8% de la population. La hausse des "indigents" (pauvreté extrême) est encore plus forte et leur pourcentage dépasse en avril la moitié du nombre total de pauvres, soit un peu plus de 3 millions. Selon les auteurs de ce rapport, 80% de l'augmentation de la pauvreté serait attribuable à l'accélération de la hausse des prix et les 20% restant à l'augmentation du chômage durant cette période.
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