Accumulation du capital, progrès technique et croissance

2. Les déterminants réels de l'investissement

2.1. L' investissement dépend des idées nouvelles des entrepreneurs

Documents associés - Illlustrations

La passion d'entreprendre


Caulier, Sophy (2004), Jean-Claude Millet : un “serial créateur”, Anvar


disponible sur http://www.oseo.fr

Depuis qu'une plaquette de promotion de la Drôme l'a catalogué “serial” créateur, Jean-Claude Millet avoue :"Créer, innover, c'est ma passion. C'est comme la création artistique, un peintre qui ne ferait qu'un tableau ne serait pas un peintre !"Pour cet ingénieur de l'Ecam (Lyon), l'innovation n'est pas seulement technologique, elle doit aussi être sociale et financière.

C'est sans doute pour cela qu'il préfère les phases de création, de repositionnement ou de relance des entreprises plutôt que leur gestion administrative."J'ai quitté Imaje en 1993 parce qu'il n'y avait plus d'espace de création », résume-t-il. Au moment de son départ, cette société, leader de l'impression par jet d'encre, (créée en avril 1982 avec le soutien de l'Anvar*), comptait 25 filiales dans le monde et un effectif de 1 000 personnes.
Après deux années “d'activité dilettante et de conseil” (sic), Jean-Claude Millet crée Eidos, “une société de capital-risque très locale”,précise-t-il. Son domaine d'intervention est délimité géographiquement : 35 km autour de son domicile dans la Drôme. Ce critère en vaut bien d'autres...

 

Avant tout, aider

 


Jean-Claude Millet participe ainsi, via Eidos, à la création de plusieurs sociétés. Entre autres exemples, Tobago, une société d'imagerie numérique en grande dimension, est créée par un cofondateur de la société Imaje. Cinq ans plus tard, en 2000, Tobago est vendue à un grand groupe. Essenciel, créée par Cyril, un des fils de Jean-Claude Millet, fait du design et de la communication. Eidos est sortie de son capital en 1998 et Essenciel compte aujourd'hui sept salariés. Mais ce qui intéresse Jean-Claude Millet, c'est d'aider des entrepreneurs à relancer leur activité, quitte à repositionner totalement la société. C'est lui qui a suggéré aux dirigeants du fabricant de composants pour cycles en carbone Corima d'externaliser l'activité de modelage. Forte d'un contrat de transfert de technologies avec la Socatri, Corima Modelage est aujourd'hui numéro deux européen du modelage par électroformage et compte un effectif de 20 personnes. Autre exemple, lorsque la société de travaux acrobatiques Can (Corde à Noeuds) rencontre des problèmes de fonds propres, en 1996, Eidos prend 30% du capital. Cela a inspiré confiance à la BDPME, qui a accordé des crédits. Dix-huit mois plus tard, Eidos sort du capital de Can qui a retrouvé un rythme de croisière.

 

Un boulimique de la création

 


Mais Jean-Claude Millet a ses préférées. Aujourd'hui, elles s'appellent Osmooze, Epitact ou A'gozz Nutrition. Dans ces sociétés, Eidos a investi, mais aussi Jean-Claude Millet à titre personnel. Osmooze a mis au point un système original de diffusion de principes actifs dans l'air (odeurs, phéromones, bactéricides), à commande numérique. Lauréate du Prix “Partenaires d'entreprises” (Anvar – France soutien de l'Anvar (aide au recrutement de chercheurs, étude stratégique). Elle s'apprête à lever 1,5 millions d'euros pour son développement. Par ailleurs, A'gozz Nutrition va proposer dès cet automne un aliment fonctionnel pour la régulation du transit intestinal.

Ces produits figureront au catalogue d'Epitact, qui a développé l'enseigne “le laboratoire du confort” qui s'adresse à une clientèle de seniors. Avec 130 000 clients, Epitact a réalisé un chiffre d'affaires 2001 de 2,3 millions d'euros "et le premier semestre 2002 fait apparaître une croissance supérieure à 35%", s'enthousiasme Jean-Claude Millet. Epitact, qui a également bénéficié du soutien de l'Anvar pour le recrutement de chercheurs, compte aujourd'hui 25 personnes, dispose de sa propre usine et ne cesse d'innover autour de matériaux de podologie qui reproduisent les caractéristiques des tissus humains naturels. Jean-Claude Millet a passé le relais, mais reste aujourd'hui président du conseil de surveillance. Car il faut du temps à cet homme très occupé. Pour s'occuper des différentes sociétés, mais aussi étudier de nouveaux projets, rencontrer des créateurs et s'investir dans l'association “Habitat et Humanisme” à laquelle il consacre un jour par semaine.

 

* Cf. Histoire(s) d'innover, InterEditions, Anvar, 1992, p. 232/240