disponible sur http://www.europarl.eu.int/workingpapers/econ/pdf/113_fr.pdf
L'investissement public compte quatre grands types :
En réalité, la dernière de ces quatre catégories, qui concerne l'investissement dans des entreprises publiques, est difficile, voire impossible à identifier à partir des données de comptabilité nationale. Cependant, comme les privatisations sont devenues courantes, cette catégorie d'investissement, déjà modeste, perd encore de l'importance. La présente étude ne s'est donc penchée que sur l'investissement public des trois premières catégories.
De par sa nature, l'investissement public s'effectue à long terme et son rendement n'est habituellement identifiable, dans ses grandes lignes, qu'à l'aide d'études des coûts-avantages socio-économiques. Cette identification est encore plus ardue dans le cas de l'investissement en capital humain. Cette caractéristique ne diminue cependant en rien l'importance de l'investissement en capital humain. Dans les économies globales, de plus en plus dominées par des activités basées sur la connaissance, les compétences livrées par les processus d'éducation et de formation ainsi que le potentiel d'innovation industrielle et commerciale fourni par l'investissement dans la recherche et le développement, laissent espérer des rendements élevés pour ce type d'investissement. Ces rendements sont susceptibles d'être disséminés dans une large palette d'activités économiques et de n'apparaître, dans certains cas, qu'à l'examen d'une longue période.
Ces observations sur la nature de l'investissement, en particulier dans le capital humain, indiquent qu'il est nécessaire d'adopter des politiques publiques appropriées qui tiennent compte des prévisions en matière de rendement probable de l'investissement. Ces politiques peuvent, le cas échéant, comprendre des partenariats public-privé.
Il est sûr que certains investissements publics sont liés de près à l'amélioration de la capacité de production de l'économie. Sans les transports routiers, ferroviaires, aériens et fluviaux et les réseaux de télécommunications, la production et le commerce seraient impossibles. Les investissements dans ces domaines, qu'ils comportent ou non des partenariats public-privé, devraient être mis sur le même pied que l'investissement privé dans des actifs productifs. Cette façon de voir les choses aurait des répercussions sur le financement de tels projets, notamment du point de vue de leur impact sur les budgets nationaux.
Pour ce qui concerne le développement de la base de capital physique de l'économie, ce type d'investissement public ne peut à l'évidence pas concurrencer l'investissement privé. De plus, dans la mesure où ce type d'investissement ne peut être assuré que par un financement public ou une combinaison de financement public et privé, il devrait être protégé.
L'État lui aussi peut effectuer des investissements dans le capital humain. Même si le secteur privé a son importance dans l'offre d'éducation et de formation, l'investissement public y joue un rôle prépondérant, en particulier dans le domaine de l'éducation. Il en va de même pour l'investissement dans la recherche et la technologie. Dans ce domaine, les secteurs privé et public collaborent étroitement et l'investissement public est orienté vers la recherche à long terme sans applications immédiates tandis que l'investissement privé est plus proche de l'exploitation du marché. On peut voir dans ces deux cas, comme pour des éléments d'une infrastructure de capital physique, que plus longue est la période d'investissement, plus grande est l'échelle de cet investissement et plus l'État est susceptible d'être le fournisseur des fonds de l'investissement.
Il faut en outre établir une distinction importante lorsque l'on compare l'investissement public à l'investissement privé. L'investissement public est discrétionnaire. Contrairement à l'investissement privé, il ne subit pas l'influence des attentes de rendements anticipés. Il peut donc – et ce point est important pour juger de la pertinence de la "règle d'or" – être assuré sur une base stable, indépendamment des variations économiques cycliques (que l'on désigne plus correctement par "modèles inégaux de croissance économique").
Selon la présente étude, il faut éviter d'appliquer de manière non critique l'hypothèse de "l'effet d'éviction" - par lequel les dépenses des gouvernements en marge sont considérées comme excluant les dépenses privées d'investissement. Plus particulièrement, il faut se garder de confondre cet argument partiellement valable avec l'autre proposition faite en rapport avec les dépenses publiques, selon laquelle les particuliers devraient en général être autorisés à déterminer leurs décisions de dépenses grâce à une minimisation de la pression fiscale qui les frappe, et donc à une minimisation des dépenses publiques. Cette proposition est parfaitement défendable mais elle ne devrait pas masquer le rôle prépondérant des dépenses publiques d'investissement dans l'économie globale.
L'hypothèse de "l'effet d'éviction" soulève un problème important qui concerne l'opposition entre le financement de l'investissement public et celui de l'investissement privé. L'essence de l'argument de "l'effet d'éviction" tient dans le fait que la nécessité pour les gouvernements d'emprunter fait grimper les taux d'intérêt, ce qui débouche sur un investissement privé plus faible que dans d'autres circonstances. Toutefois, si l'investissement en question porte sur des infrastructures importantes, l'éducation ou la recherche et le développement plutôt que sur la consommation publique, le cas de "l'effet d'éviction" ne peut pas s'appliquer sans équivoque. De plus, le danger est que l'investissement public est le poste de dépenses le plus facilement pénalisé en cas de restrictions budgétaires.
Parallèlement à l'investissement public national, l'investissement public a également un rôle à jouer au niveau européen. On constate en réalité un double rôle de par le soutien indirect offert à l'investissement public national par les subventions du FEDER, de la BEI, des programmes-cadres de recherche et développement ainsi que des programmes de subventions à la formation et à l'emploi du FSE. De façon plus directe, il y a également l'investissement dans les réseaux transeuropéens, que inance le Fonds européen d'investissement.