L'omniprésence des marques tout au long du roman de Bret Easton Ellis démontre la futilité des aspirations du personnage principal Patrick Bateman, flamboyant golden boy new yorkais de 26 ans, capable de reconnaître d'un seul coup d'œil les accessoires et les vêtements de luxe de ses interlocuteurs et de ses amis. Dans le roman, le travail de trader, qu'on imagine difficile et astreignant, est quasiment absent de la vie du personnage qui évolue entre les endroits à la mode et son appartement situé dans un quartier chic de Manhattan. La nuit, il se métamorphose en serial killer.
Dans cet extrait, Patrick Bateman égrène la longue liste des vêtements qu'il va porter dans la journée, tous de marques luxueuses. Les seuls éléments qui ne font pas l'objet de cette attention particulière sont les armes qu'il range dans son attaché case, avec lesquelles il commettra ses forfaits.
"Deux mille flexions abdominales et trente minutes de saut à la corde dans le salon, pendant que le Wullitzer braille The Lion Sleeps Tonight sans discontinuer, et ce malgré presque deux heures d'entraînement au club. Après quoi je m'habille pour aller faire quelques courses chez D'Agostino ; jean Armani, chemise blanche Polo, veste sport Armani, pas de cravate, cheveux plaqués en arrière avec de la mousse Thomson ; chaussures étanches noires à lacets, Manolo Nlahnick, car il bruine ; trois couteaux et deux revolvers dans un attaché-case Epi de cuir noir (3.200 $), Louis Vuitton ; gants Armani en peau de cerf, car j'ai froid, et je ne tiens pas à bousiller mes ongles fraîchement manucurés. Pour finir, trench-coat ceinturé de cuir noir, Gianfranco Ferré, quatre cent dollars."