Politique monétaire

5. Dilemmes des banquiers centraux

5.2. Un risque de déflation ou une déflation du risque ?

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La grande dépression aux Etats-Unis (années 1930) et au Japon (années 1990)


Koenig Evan F., and Dolmas Jim, (2003), "Monetary Policy in a Zero-Interest-Rate Economy", Federal Reserve Bank of Dallas, p. 3( figure 3 et 4)


disponible sur www.dallasfed.org/research/indepth/2003/id0304.pdf

L'enchaînement catastrophique de la grande dépression

Lecture : la Fed a baissé les taux courts nominaux de 5% en 1929 à 0,5% en 1932. Mais l'inflation a chuté plus rapidement encore. Par conséquent, le taux d'intérêt réel s'accroissait, passant d'environ 3,5% à l'été 1929 à un pic de 15% fin 1931 / début 1932. Autrement dit, la politique monétaire n'était pas de plus en plus généreuse mais, tout au contraire, de plus en plus restrictive. Logiquement, la production industrielle s'effondre de moitié par rapport à son trend de moyen-long terme. Le retour à la croissance attendra la dévaluation opérée par Roosevelt en 1933 qui, en dopant l'inflation, permettra un retour à des taux réels négatifs

 

Lecture : le Japon des années 1990 donne un autre exemple du piège des taux nominaux proches de zéro. Comme la Fed lors de la grande dépression, la Bank of Japon baisse les taux courts en réaction au ralentissement de l'économie ; au second semestre 1995, le taux des obligations d'Etat à trois mois est proche de zéro ; le taux d'intérêt réel tombe de 5% en 1990 à 3% en 1993 et moins de 1% sur 1995-1997. La production industrielle ne repart qu'en 1996, mais peu de temps après elle s'écroule à nouveau du fait de la crise asiatique. La politique monétaire se retrouve impuissante face à cette seconde vague de morosité car les taux directeurs sont bloqués à zéro et l'inflation est nulle ; de sorte que le Japon va s'enliser jusqu'en 2003.