Lecture : C'est la descente aux enfers pour les finances publiques : très saines dans les années 1980, elles sont désormais les plus déséquilibrées parmi les pays de l'OCDE. La gestion politique de la crise a été trop souvent faite d'hésitations. Les pouvoirs publics ont tenté de soutenir la demande en mettant en œuvre une douzaine de plans de relance (essentiellement sous forme de travaux publics), représentant un montant total cumulé de plus de 130 trillions de yens, soit plus du quart du PIB : entre 1992 et 1999, les "paquets budgétaires" destinés à relancer l'économie ont représenté chaque année entre 2 et 3,5% du PIB. On ne peut pas dire que la thérapie keynésienne n'a pas été essayée.
Pendant longtemps, l'envol de la dette publique japonaise n'a pas fait peur et nombreux étaient ceux qui recommandaient de poursuivre sur cette voie : détenue à 95% par les résidents, cette dette répondrait à une insuffisance de la demande privée, sans pression sur les taux longs. Dès lors qu'un déficit est jugé comme principalement conjoncturel, on peut escompter qu'il se résorbera rapidement avec la reprise. Depuis quelques années, cette vision a du plomb dans l'aile : le déficit est principalement structurel, la reprise, qui était tant promise, déçoit une fois de plus, et les agences de rating s'impatientent.