Le Japon, une cause perdue pour la croissance ?

La déflation et ses mesures


Bernanke Ben S., , Japonese Monetary Policy: A Case of Self-Induced Paralysis?, coll. ''Institute for International Economics, special report 13"

http://www.iie.com



Lecture : On note l'extrême sensibilité du diagnostic sur la "déflation" japonaise à l'indicateur d'inflation considéré ; par exemple, si on prenait le 3e ou le 6e on ne conclurait à une baisse du niveau général des prix que pour l'année 1998, alors que si l'on prenait le 4e on conclurait au contraire à une baisse tous les ans sauf en 1997. Sur base de l'indice des prix à la consommation, la déflation de la consommation s'est élevée à moins 0,2% en 2003 au Japon, mais à la lumière du déflateur de la consommation, on obtient un chiffre de -1,3%. La baisse des prix des biens d'investissement selon les comptes nationaux (moins 4,1% en 2003) fait encore plus sourciller, car depuis l'éclatement de la bulle spéculative japonaise, jamais un chiffre inférieur à -2,6% n'avait été enregistré. De plus, ce dernier avait été observé en 1999 alors que l'économie n'avait crû que de 0,2%, tandis qu'en 2003, la croissance a atteint le niveau confortable de 2,6%. On comprend pourquoi mesurer le PIB réel du Japon n'est pas une sinécure.

On peut consulter aussi une étude de la Banque du Japon (Economic Commentary, n°2003-02, "Why is the Rate of decline in the GPP deflator so large?"). Cette étude conclut que l'IPC comporte un biais haussier et le déflateur de la consommation privée un biais baissier. En effet, l'IPC utilise des pondérations fixes et sous-estime de ce fait l'incidence des baisses de prix dans des secteurs en fort développement (comme l'informatique), tandis que le déflateur de la consommation privée utilise des pondérations de l'année courante, ce qui conduit sans doute à surestimer les baisses de prix.

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