La France a-t-elle perdu le contrôle de sa dette ?

La dette publique de la France pesait 1 428 milliards d’euros fin juin 2009, ce qui représente 73,9 % du PIB. Elle devrait atteindre 78 % du PIB à la fin de l’année et 84 % du PIB fin 2010 ! Ce qui est bien au-delà de la limite de 60 % du PIB fixée par Maastricht.

La dette publique rassemble la dette de l’Etat, celle des collectivités locales et celle de la Sécurité sociale. A l’origine de cet accroissement de l’endettement, il y a naturellement les plans de relance mis en place pour soutenir l’activité économique en période de crise.

Certains économistes estiment que le seuil critique est d’ores et déjà atteint, et ce d’autant plus que la dette devrait continuer d’augmenter. En effet, outre l’endettement direct de l’Etat, il existe également un endettement indirect : la garantie qu’il apporte à l’ensemble des dépôts bancaires. Or, le risque de faillite des banques n’est pas définitivement écarté. D’autre part, le déficit de la sécurité sociale devrait s’aggraver avec le vieillissement de la population.
D’autres économistes considèrent en revanche que la France peut soutenir un niveau d’endettement élevé. Ils soulignent ainsi que la capacité d’épargne des ménages serait suffisante pour refinancer l’Etat et que le pays n’est pas dépendant des investisseurs étrangers. L’Etat français reste d’ailleurs une signature notée AAA qui continue d’inspirer une grande confiance quant à sa capacité à rembourser ses dettes et lui permet de souscrire des emprunts à des taux très bas.

Thèmes : politiques économiques
Mise en ligne : 16/10/2009
Source : Insee

Dossier réalisé par Emmanuelle Simon-Ledoux