La Chine, 1er marché automobile mondial

Avec 13,6 millions de véhicules vendus, le marché chinois de l'automobile est devenu, en 2009, le premier marché automobile du monde. Largement soutenu par les pouvoirs publics, il est au cœur de la stratégie de relance de l'économie chinoise et devrait connaître, ces prochaines années, une profonde réorganisation.

Thème : mondialisation
Mise en ligne : 01/02/2010

Dossier réalisé par Judith Leverbe

Une croissance exceptionnelle en 2009

En 2009, 13,6 millions de véhicules automobiles (voitures particulières, camions, poids lourds) ont été vendus en Chine, contre 9,4 millions en 2008, soit une progression de 45 % en un an. Ce bond exceptionnel a propulsé le marché chinois au premier rang mondial devant le marché américain. Celui-ci, avec 10,5 millions de véhicules vendus, a connu un recul historique (de l'ordre de - 21 % en un an). Ce sont surtout les voitures particulières qui, en Chine, ont dynamisé les ventes avec une progression de 53 % sur l'année.

Source : China Passenger Car Association, China Association of Automobile Manufacturers

Les perspectives de croissance du marché  chinois de l'automobile pour 2010 sont en recul par rapport aux performances de 2009 et devraient se situer, d'après les prévisionnistes, entre 10 et 15 %, ce qui porterait la taille du marché aux alentours de 15 millions de véhicules.

Au cœur de la relance de la croissance

Le dynamisme exceptionnel de ce marché s'explique à la fois par des raisons structurelles liées à la progression du niveau de vie et par des mesures conjoncturelles de soutien de la part des pouvoirs publics.

La croissance ininterrompue et spectaculaire de l'économie chinoise depuis deux décennies a engendré une forte progression du niveau de vie d'une partie de la population chinoise, faisant émerger une classe moyenne dont les effectifs ne cessent de croître. Cette population urbaine bénéficie, année après année, d'un pouvoir d'achat en hausse qui lui permet de réaliser ses aspirations en matière de consommation, en particulier en équipement automobile. Certes, rapportées à la taille de la population chinoise (1,3 milliard de personnes), les ventes annuelles peuvent paraître encore modestes : on ne compte en effet que 35 voitures pour 1000 habitants alors que les Etats-Unis sont à 850 pour mille. Mais la pression de la demande est particulièrement forte et les délais d'attente de la clientèle sont de plusieurs mois sur certains modèles. 

Le gouvernement chinois a par ailleurs mis en place, fin 2008, une batterie de mesures visant à atténuer les effets de la crise mondiale sur l'appareil de production industriel et sur la consommation des ménages. Ce "plan de relance" a été en partie centré sur le soutien à l'industrie automobile :

  • la taxe sur les voitures de petites cylindrées (moins de 1,6 litre) a été abaissée, passant de 10 % à 5 % ;
  • des primes ont été distribuées aux habitants des zones rurales pour les inciter à l'acquisition de mini-véhicules de moins de 1,3 l de cylindrée ;
  • le montant de la "prime à la casse" pour le remplacement des véhicules anciens a été augmenté ;
  • d'autres mesures d'aide conjoncturelles sont dirigées vers les constructeurs : facilités bancaires, aides à l'innovation.

Certaines de ces mesures ont été reconduites pour l'année 2010.

Un secteur encore inorganisé

L'industrie automobile chinoise a encore aujourd'hui une structure très dispersée. Les 10 premiers constructeurs ont réalisé en 2009 environ 60 % des ventes de voitures particulières (voir graphique). Le poids des constructeurs étrangers est très important, à travers des sociétés de "joint-venture", fruit d'accords de co-production entre des grands groupes américains, japonais ou européens et des constructeurs locaux.

Source : China Passenger Car Association, China Association of Automobile Manufacturers

Ainsi, le premier groupe pour le nombre de véhicules produits, SAIC-GM-Wuling Automobile, rassemble deux partenaires d'origine chinoise (SAIC et Wuling) et le géant américain General Motors. Mais SAIC est également partenaire de Volkwagen au sein de Shangaï Volkwagen. Le groupe allemand a par ailleurs développé une autre joint-venture avec  FAW (FAW-VW). Les constructeurs japonais et coréens sont également présents sur ce marché : Toyota, Hyundaï,  Nissan ont développé le même type d'accords de partenariat. Nissan, partenaire de Renault, semble d'ailleurs représenter, pour le groupe français, une opportunité pour rattraper son retard dans l'implantation sur le marché chinois. Le marché de la voiture électrique semble être au centre des perspectives de la firme française. Le groupe PSA, lui, a développé un accord  avec le chinois Dongfeng, mais sa présence est encore modeste.
Il existe, d'autre part, une centaine de constructeurs "100 % chinois", le plus souvent de taille moyenne.

Vers la conquête du marché mondial ?

Le secteur automobile chinois est donc encore en voie de rationalisation. Aucun groupe ne domine réellement le marché, et aucun, en particulier, n'a encore la capacité de s'imposer à l'échelle internationale : l'ensemble des exportations de véhicules automobiles de la Chine atteint à peine 500 000 unités, moins de 5 % de la production totale. Le gouvernement chinois a mis en place, fin 2008, un plan de rationalisation de l'industrie automobile, visant ouvertement à réduire le nombre de constructeurs et à faire émerger quelques grands groupes dotés chacun d'une capacité de production d'au moins 2 millions de véhicules, et capables à terme de s'imposer sur le marché mondial, notamment sur le segment de la voiture électrique et des véhicules hybrides. L'objectif affiché est de parvenir à un triplement de la capacité exportatrice d'ici 2015, pour atteindre 10 % de parts du marché mondial en 2020.

Définition

Une joint venture est un partenariat industriel associant deux ou plusieurs entreprises dans un projet de coopération. Elle se traduit par la création d'une filiale commune bénéficiant des compétences respectives des partenaires. Le gouvernement chinois a toujours conditionné l'entrée en Chine de capitaux étrangers à la signature de tels accords avec des entreprises chinoises, souvent sous contrôle public.

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