Depuis le début de l’année 2009, les cours de l’or ont retrouvé des niveaux records, autour de 1 000 $ l’once, après un "plus haut" historique en mars 2008 (1 032 $) et une baisse modérée sur la fin de l’année 2008. Sur ce marché très particulier, l’impact de la crise économique et financière engendre des mouvements sur lesquels les spécialistes s’interrogent.
L’analyse sur longue période des cours du précieux métal montre clairement que le marché de l’or se caractérise par une nette tendance à la hausse, qui n’exclut pas, sur des périodes plus courtes, une forte volatilité.
source : eurofrancegold.com

source : zonebourse.com
Une once d'or représente un peu plus de 31 grammes, un kilo d’or un peu plus de 32 onces.
Dans les accords de Bretton Woods (1944), l’or était censé être la contrepartie physique de la monnaie de référence du Système Monétaire International, le dollar. Son cours officiel s’établissait à 35 $ l’once.
Depuis l’abandon de la convertibilité-or du dollar (août 1971) et l’instauration des changes flottants (1973), l’or est donc théoriquement devenu une marchandise comme les autres.
L’offre est essentiellement constituée de la production annuelle (autour de 2 600 tonnes) à laquelle il faut ajouter les ventes des banques centrales1 et les ventes à terme des sociétés minières.
L’industrie joaillière est la première cliente (70 % de la demande) sur ce marché, suivie, pour des quantités plus modestes, par certaines industries de haute technologie, l’industrie électronique par exemple.
A cette demande de "matière première" vient s’ajouter une demande de "placement", particulièrement sensible à la situation des marchés d’actifs traditionnels comme les actions, les obligations, les devises.
La demande d’or "matière première" est relativement stable. Elle est cependant affectée, notamment pour la composante "joaillerie", par les perspectives globales de croissance. En 2008, la demande de la joaillerie a baissé de 11 %. On aurait donc pu s’attendre à une détente sur les cours.
La demande d’or "placement" est historiquement corrélée à la montée des anticipations inflationnistes, l’or jouant alors un rôle (d’ailleurs largement illusoire2) de protection contre la hausse des prix et la dévalorisation des actifs monétaires. Les craintes des investisseurs semblent, sur ce point, au moins prématurées, les indicateurs de l’inflation étant aujourd’hui plutôt orientés à la baisse.
L’explication la plus rationnelle du maintien d’un cours élevé de l’once d’or tient essentiellement à la dimension psychologique du rapport à ce métal : il est redevenu, dans l’esprit des investisseurs, une valeur-refuge face aux inquiétudes suscitées par l’ampleur de la crise. Le volume exceptionnel des injections de liquidités par les banques centrales semble en effet, paradoxalement renforcer les craintes de dévalorisation ultérieure des monnaies.
Les pronostics ne sont pas unanimes chez les analystes financiers et cette absence de consensus renforce le caractère atypique du marché de l’or.
Certains voient l’once d’or franchir allègrement la barre des 1 500 $, voire au-delà. D’autres au contraire soulignent le caractère extrêmement spéculatif de ce marché et pronostiquent, à terme, un retournement brutal se traduisant par un effondrement des cours. Le retour au calme sur les marchés des valeurs mobilières pourrait alors ramener la "relique barbare", comme la qualifiait J.M. Keynes, au rang de simple matière première.
1. Les banques centrales détiennent environ un tiers du stock mondial d’or évalué à 100 000 tonnes.
2. En 1980, l’once valait 850 $. Compte tenu de la hausse des prix cumulée depuis cette date aux Etats-Unis, un cours de 2 400 $ fournirait aujourd'hui un pouvoir d’achat de l’once d’or équivalent.