Asie – juin 2007 – enseignement obligatoire
Thèmes : mondialisation, croissance
Type : dissertation appuyée sur un dossier documentaire
Dossier réalisé par Dominique Szczesny
L’ouverture des économies de certains pays en développement au commerce mondial a permis la croissance. Les stratégies de développement utilisées ont été celles qui ont privilégié la promotion des exportations basée sur une certaine forme de spécialisation. Les pays de l’Asie du sud-Est en constituent un bon exemple. D’ailleurs, des améliorations importantes en termes de niveau de vie et de développement y ont pu être enregistrées.
Le libre échange constitue donc un facteur important de la croissance économique.
L’insertion dans le commerce mondial des pays en développement a été bénéfique pour un certain nombre d’entre eux, ces derniers ayant rejoint le groupe des pays développés. La croissance des exportations permet de financer les exportations mais aussi de stimuler la demande. La création des richesses quant à elle permet la création d’emplois situés dans les nouveaux secteurs d’activités liées au commerce mondial, ces créations permettant d’amortir le choc des destructions d’emplois dans les secteurs traditionnels.
En revanche, l’insertion dans le commerce mondial a aussi provoqué une césure importante au sein des pays en développement dans le sens où certaines nations n’ont pu bénéficier des bienfaits du commerce mondial et ont même connu des échecs.
Le prix des importations n’a cessé de croître en Ethiopie (+ 98 % environ) alors que celui des exportations n’a fait que régresser (environ – 55%). Les exportations ne peuvent donc plus financer les importations. On assiste alors à une dégradation des termes de l’échange. Cette analyse renforce celle développée dans une analyse contenue dans le document n°2.
L’insertion dans le commerce mondial doit passer par une phase préalable de création de branches industrielles de base. L’intervention de l’Etat est primordiale dans le sens où il doit mettre en place un protectionnisme éducateur afin de les protéger de la concurrence internationale. Le protectionnisme élevé des pays d’Asie du Sud Est leur a permis de se développer. En revanche, d’autres pays ont choisi la voie de la libéralisation (ceux d’Amérique Latine) qui a été inspirée par les institutions internationales comme le FMI.
La progression très importante des échanges permet de générer une croissance mondiale importante. Par conséquent, l’insertion dans les échanges des différents pays leur permettrait de connaître une croissance forte. Toutefois, il faut remarquer que l’augmentation des échanges de produits manufacturés a été la beaucoup plus forte que celle des produits agricoles. Le développement des échanges va donc bénéficier plutôt aux pays qui se sont spécialisés dans la production de biens manufacturés que ceux spécialisés dans l’exportation de produits de base.
Les exportations de marchandises de certaines régions vers le monde ont fortement progressé depuis 1948. C’est le cas de celles en provenance d’Europe, du Moyen Orient et d’Asie et notamment de Chine. Par conséquent, ces augmentations touchent aussi bien des pays développés qu’en voie de développement ou émergents.
En revanche, la part des exportations de marchandises d’autres régions du monde dans l’ensemble des exportations mondiales a régressé : c’est le cas de l’Amérique du Nord, de l’Amérique du Sud et centrale et de l’Afrique. Le type de spécialisation conditionne donc l’insertion dans les échanges mondiaux.
Dès la fin du XVIIIe siècle, des penseurs rejettent l’hypothèse selon laquelle les pays ne peuvent tous bénéficier des bienfaits des échanges. L’école classique défendra le fait que le commerce mondial est un jeu à somme positive et non à somme nulle. L’avantage comparatif viendra expliquer la manière avec laquelle les pays seraient censés s’intégrer dans le commerce mondial puisque ce dernier contribue au « bien être universel ».
Qu’en est-il réellement aujourd’hui ? Les pays qui se sont insérés dans le commerce mondial, c'est-à-dire en privilégiant une ouverture de leur économie en se spécialisant et en rejetant le protectionnisme, ont-ils connu l’augmentation de leurs richesses appelée croissance économique ? La libéralisation des échanges apparaît-elle toujours comme source de création de ces mêmes richesses ?
L’insertion dans les échanges peut constituer un facteur de croissance dans les pays échangistes. En revanche, elle peut aussi générer des effets pervers. Afin de réduire ces derniers, des régulations doivent se mettre en place que ce soit à l’échelon des Etats ou au niveau international.
Sur le plan empirique, une corrélation positive entre l’augmentation du PIB mondial et la croissance des échanges existe depuis 1950 (document n°5). Ceci confirmerait donc les analyses qui s’inscrivent dans le cadre des avantages comparatifs. Tous les pays échangistes auraient un intérêt à l’échange.
Les partisans du libre échange y voient un facteur d’efficacité économique : il favorise la croissance en stimulant la demande (importations et exportations) et les investissements et en obligeant à être compétitif soit en termes de prix ou de manière structurelle (document n°1 et document n°2).
Le commerce mondial permet un approfondissement de la division internationale du travail en sachant que chaque pays se spécialise dans les secteurs pour lesquels il possède un avantage.
De plus, l’extension des marchés rend les producteurs moins sensibles aux aléas des conjonctures nationales ; de surcroit, elle permet la réalisation d’économies d’échelle (document n°2). Enfin, elle permet le maintien de l’emploi ou des créations d’emplois dans les secteurs soumis à l’ouverture : ces derniers permettant de soutenir le demande qui constitue le principal facteur explicatif de la croissance économique).
Certains pays ou groupes de pays profitent davantage de l’ouverture de leur économies que d’autres : c’est notamment le cas de l’Europe qui voit sa part dans les exportations mondiales progresser alors que d’autres régions demeurent les parents pauvres du développement des échanges mondiaux (document n°6). De plus, certaines spécialisations ne permettent pas toujours le développement (document n°2) : certaines exportations ne peuvent pas financer le développement étant donné la dégradation des termes de l’échange. De même, l’ouverture et la spécialisation ne bénéficient pas à tous les secteurs productifs nationaux, ce qui peut conduire à des destructions d’emplois dans ces derniers (document n°3).
La régulation peut être mise en place par les Etats. En effet, les pays de l’Asie du Sud-Est ont mis en place une certaine forme de protectionnisme éducateur afin de protéger des activités naissantes (document n°5). De même, des investissements publics ont pu faciliter la création d’avantages comparatifs (document n°5) ainsi que la reconversion des sites.
Au niveau international, des interventions ont pu aussi contribuer à une certaine forme de régulation : l’OMC intervient dans le concert du commerce mondial en faisant appliquer des règles relatives à la concurrence. De même, les sociétés civiles réagissent aux conditions dans lesquelles se mettent en place les relations commerciales : les réactions altermondialistes se développent ainsi que des changements de comportement dans les pays du Nord se font jour (développement du commerce équitable, réflexion en termes de développement durable).
Le développement des échanges apparaît comme un facteur important de croissance aussi bien pour les pays du Nord que pour certaines nations du Sud. Par conséquent, l’hypothèse de l’échange international comme contributeur au bien être universel tend en partie à se vérifier. Toutefois, des régions du monde apparaissent toujours comme les parents pauvres de l’échange : c’est notamment le cas de l’Afrique subsaharienne.
Le libre-échange constitue donc un vecteur de croissance mais il doit aussi être accompagné afin de limiter ses effets pervers. Cet accompagnement peut être le fruit de politiques nationales ou le résultat d’interventions au niveau international comme l’OMC. Les protestations qui émergent dans les sociétés civiles des différents pays jouent aussi un rôle dans la régulation du commerce mondial.
Il serait intéressant de mesurer l’impact de ces différentes actions sur la nature des échanges et notamment la mise en place de normes au niveau international qu’elles soient environnementales, sociales et même éthiques.