Le phénomène de la contrefaçon concerne principalement l'industrie du luxe. En effet, pour cette industrie, la valeur ajoutée du produit provient essentiellement de la valeur sociale qui lui est associée et non de l'innovation technologique ou de particularités techniques beaucoup plus difficiles à reproduire qu'une simple étiquette ou un logo tissé sur un vêtement ou un accessoire. Une grande partie des objets de luxe sont donc faciles à reproduire. Ainsi, la griffe et la marque qualifient plus le produit que sa qualité intrinsèque, sa valeur d'usage.
L'importance de la personnalisation de la démarche d'achat démontre toutefois que l'impact de la contrefaçon est en fin de compte relativement limité sur la véritable cible de l'industrie du luxe : la clientèle privilégiée. Quoi de comparable entre acheter une montre de marque Cartier dans un magasin spécialisé situé place Vendôme ou au détour d'un bazar de Marrakech ? Dans le premier cas, l'achat pourra durer une heure voire plus et le client sera valorisé par toute une série d'attentions de la part des vendeurs. Après l'achat, il deviendra membre d'un club, sera informé par courrier des nouvelles collections et aura accès à un service après vente performant. Dans le second cas, l'achat se réglera en quelques minutes, à la suite d'un marchandage pittoresque mais déconnecté de la démarche d'achat d'un objet de luxe. Après avoir eu le sentiment d'avoir fait une bonne affaire, le consommateur saura que son objet est un faux et qu'il usurpe un privilège dont il n'a pas accès habituellement du fait de ses moyens. D'ailleurs, dans la majorité des cas, il préviendra son entourage qu'il s'agit d'un faux.
Le Comité Colbert, association qui regroupe notamment les plus grands industriels du luxe français, et la direction des Douanes (ministère de l'économie et des finances) mènent depuis plusieurs années une campagne contre la contrefaçon qui a explosé depuis le tourisme international de masse des années 1980-1990.