Le Japon, une cause perdue pour la croissance ?
L'épargne au secours de la croissance
(2004),
La déflation japonaise : le rôle-clé du besoin d'ajustement des bilans des entreprises, Direction de la prévision, coll. ''Analyses économiques n°29, février 2004"
Les ménages ont choisi de puiser dans leur épargne plutôt que de réduire leur consommation
(revenu disponible brut par tête et consommation par tête)
Source : Direction de la prévision (2004), “La déflation japonaise : le rôle-clé du besoin d'ajustement des bilans des entreprises”, Analyses économiques n°29, février 2004.
Lecture : La baisse du taux d'épargne japonais paraît susceptible de plusieurs interprétations :
- Une substitution de la consommation à l'investissement résidentiel : les ménages japonais ont été peu enclins à investir dans l'immobilier en raison de la chute ininterrompue du prix de l'immobilier. Ce phénomène ne permet d'expliquer que 0,6 point de la baisse du taux d'épargne entre 1990 et 2002 selon la Direction de la prévision.
- Un "effet de substitution" à la faveur de la baisse des taux d'intérêt : les taux d'intérêt nominaux à court et à long terme ont fortement diminué ces vingt dernières années, ce qui a pu inciter les ménages à accroître leur consommation au détriment d'une épargne devenue moins rémunératrice. Il faut admettre que les ménages ont été dans une certaine mesure victimes d'illusion monétaire, c'est-à-dire qu'ils auraient fondé leurs décisions d'épargne et de consommation sur les taux d'intérêt nominaux plutôt que réels.
- Le vieillissement de la population japonaise : ainsi, la modification de la structure par âge de la population en faveur de la population des plus de 65 ans, dont la propension à épargner est plus faible que la moyenne, voire négative, a pu jouer à la baisse sur le taux d'épargne.
En tout état de cause, que ce soit l'une ou l'autre de ces explications qui prévale, il est clair que ce ne sont pas les ménages japonais qui sont à l'origine du déficit de demande et de la déflation au Japon. Bien au contraire, leur comportement a contribué à l'amortir (stabilisateur automatique privé).