En raison du vieillissement démographique qui touche la France, la situation professionnelle des travailleurs âgés de 50 à 64 ans (les seniors) se trouve aujourd'hui au cœur du débat économique et social.
En France, le taux d'emploi des seniors est de 33,8% (2002) contre 39,8% en moyenne dans l'Union européenne. Toutefois, le retard de la France est particulièrement marqué pour les plus de 60 ans (16% pour les 60-64 ans contre 57% pour les 50-54 ans) voir tableau)
Cette faiblesse ne s'explique pas seulement par des départs en retraite concentrés autour de l'âge de 60 ans, mais aussi et surtout par certains dispositifs publics qui ont permis et encouragé, depuis le début des années 1980, le départ anticipé du marché du travail de nombreux travailleurs âgés. Ainsi, en 2002, 150 000 personnes se trouvaient en situation de préretraite et 350 000 personnes étaient dispensées de recherche d'emploi.
Toutefois, le recours aux préretraites publiques est en diminution régulière depuis 1997 (-58% entre 1997 et 2002). On observe en parallèle un recentrage des dispositifs de préretraite sur des dispositifs spécifiques et notamment, la montée en charge des "CATS" (dispositif de préretraite réservé aux travailleurs ayant exercé des activités pénibles). Cependant, ce recentrage des dispositifs de préretraite ne constitue pas à lui seul un levier d'action efficace pour l'emploi des seniors. En effet, les employeurs restent réticents à l'idée d'employer des travailleurs âgés et la formation des seniors au sein de l'entreprise reste majoritairement sous développée.
Ainsi, une réforme globale du fonctionnement du marché du travail des seniors semble nécessaire. Cette réforme devra agir en même temps sur l'offre de travail (encadrement de l'ensemble des dispositifs de préretraite, accompagnement des chômeurs âgés, formation des seniors) et sur la demande (prime à l'embauche, valorisation de l'expérience…).
C'est l'optique qui a été adoptée aux Pays Bas et en Finlande, pays dans lesquels le taux d'emploi des seniors de 55-64 ans a augmenté de près de 10 points sur une période de six ans pour atteindre quasiment 40% (45,5% en Finlande et 39,3% aux Pays Bas).