La faible utilisation de la main-d'œuvre est le principal facteur à l'origine de l'écart de PIB par habitant
(écart tendanciel, en points de pourcentage, entre le PIB par habitant de l'Europe et celui des États-Unis, 2000 ; sur la base de la parité de pouvoir d'achat)
Lecture : la productivité diffère peu entre l'UE et les Etats-Unis ; l'essentiel du différentiel de niveau de vie entre les deux zones tient au taux d'emploi et aux heures travaillées, nettement supérieures aux Etats-Unis. Si les heures travaillées sont bien plus élevées aux Etats-Unis, cela est du a/ à un chômage plus faible qu'en Europe, b/ à un taux d'activité sensiblement plus élevé, surtout chez les 15-25 ans et les plus de 50 ans, et c/ à une dynamique démographique plus favorable. Une autre façon de voir le problème serait de dire que les chiffres sur la productivité par tête en Europe sont artificiellement gonflés par le fait qu'un part importante de la main d'œuvre, celle qui est a priori la moins productive, est écartée de l'emploi.
Taux d'emploi dans l'Union européenne, les Etats-Unis et le Japon (1975-2002)
Lecture : sur ce graphique, une convergence apparaît depuis 1999-2000, qui doit être relativisée : a/ le taux d'emploi est reparti à la hausse en 2004 aux Etats-Unis, et b/ l'amélioration que connaît l'UE doit beaucoup à des dispositifs nationaux d'enrichissement du contenu en emplois de la croissance qui pèsent lourdement sur la croissance des gains de productivité. Par ailleurs, un graphique représentant les taux d'emploi dans le seul secteur marchand ferait apparaître un écart nettement plus élevé.
Evolution du NAIRU aux Etats-Unis
Lecture : La baisse du NAIRU américain traduit une plus grande concurrence sur les marchés du travail et sur le marché des biens. Le fonctionnement du marché du travail oblige les pays européens à fonctionner en régime de basse pression : dès que le chômage passe sous un certain seuil, les tensions inflationnistes se réveillent et la politique macroéconomique est contrainte de se faire restrictive. Le problème n'est donc pas l'incapacité à créer des emplois, mais le haut niveau du chômage structurel, qui serait en 2005 de l'ordre de 8% en zone euro. On peut prendre appui sur le fait que la zone euro a connu à partir de 1999 une remontée de son taux d'inflation, qui ne s'explique pas seulement par l'évolution du change ou du prix du pétrole, alors même que son taux de chômage n'était pas sensiblement inférieur à 8%. Parallèlement, de nombreux pays ont, à l'instar de la France, connu des tensions sur le marché du travail en 1999-2000, bien que, globalement, celui-ci fût encore en situation d'excès d'offre prononcé.
Taux de chômage