Ecole et inégalités sociales

L'école et les besoins des entreprises : la prospective emploi-formation

 

Depuis 1985, le ministère de l'Education Nationale fait régulièrement réaliser des études de prospective d'emploi qui sont souvent assorties de prévisions de recrutement concernant les jeunes sortant du système éducatif.

Ces études fournissent un cadre de réflexion stratégique aux décideurs et soulèvent des questions concernant les évolutions économiques, technologiques et sociales du système éducatif et son avenir.

Elles ne permettent pas une adéquation précise de l'offre et de la demande mais confrontent les prévisions de recrutements adressés au système éducatif suivant différents scénarios et les projections de sorties du système éducatif.

Les besoins en recrutement de jeunes sortant du système éducatif dans un contexte socio-économique donné, dépendent :

- des besoins de renouvellement de main d'œuvre (liés aux départs en retraite…)

- de l'évolution générale des emplois par secteur d'activité et par catégorie d'emploi

- de la mobilité professionnelle (promotions, mobilité intersectorielle)

- de la concurrence entre le recrutement de jeunes et celui de chômeurs adultes

- des pratiques des entreprises en matière de recrutement de jeunes

L'étude portant sur la période 2000-2010 a été réalisée par le BIPE – Bureau d'Informations et de Prévisions Economiques- pour le compte de la mission Education-Economie-Emploi de la direction de la Programmation et du Développement du Ministère de l'Education Nationale.

Les principaux résultats sont les suivants :

  • Les besoins en recrutements de jeunes sortant du système éducatif seront supérieurs aux flux annuels d'entrée dans l'emploi observés dans la période 1990-2000 mais inférieurs aux flux annuels de sortants du système éducatif observés en moyenne depuis 1990, quel que soit le scénario choisi (taux de croissance du PIB de 2 contre 3% dans l'autre hypothèse). Ces estimations laissent penser que des difficultés d'insertion restent probables globalement.
  • Le principal facteur des besoins en renouvellement sera les départs à la retraite
  • La part des services devrait continuer d'augmenter dans l'emploi total : plus rapidement en faveur des services marchands en cas de conjoncture haute que pour les services administrés (éducation, santé, services domestiques, action sociale et administration…), qui seraient plus sollicités en cas de conjoncture basse. En revanche, la part de l'industrie et de la construction continuerait de baisser
  • Des tensions sont à prévoir sur le recrutement des jeunes de niveau bac et plus. Celles-ci peuvent être réduites par une promotion plus forte dans les entreprises, par une diminution des déclassements à l'embauche qui restent très importants, ou encore par des études à temps partiels permettant de diminuer l'âge d'entrée dans la vie active. Les politiques publiques peuvent également agir sur les âges d'entrée et de sortie de la vie active comme sur le volume d'emplois non ou peu qualifiés.

Répartition par niveau de diplôme des besoins en recrutement des jeunes
dans deux hypothèses

Hypothèse ( J+P) : Beaucoup de promotions et concurrence favorable aux jeunes

Hypothèse ( CF-P) : peu de promotions et concurrence favorable aux chômeurs et aux femmes en reprise d'activité

Lecture : S'il y a beaucoup de promotions et une concurrence favorable aux jeunes, 19% des besoins de recrutement sont de niveau bac plus 3 ou plus élevé.
En revanche, s'il y a peu de promotions et une concurrence favorable aux chômeurs, 29% des besoins en recrutement sont de niveau Bac plus 3 ou plus.

Source : Projections 2000-2010, BIPE, in Données sociales 2002-2003, INSEE



Haut de page Haut de page