Le système des castes est lié à la religion hindouiste, majoritaire en Inde. Après l'explosion du "grand corps cosmique" originel, racontent les plus vieux hymnes védiques, "sa bouche devint le brahmane, le guerrier fut le produit de ses bras, ses cuisses furent l'artisan, de ses pieds naquit le serviteur". Ainsi s'explique cette vision - et cette division - du monde en quatre castes principales : les brahmanes (prêtres), les kshatriyas (guerriers), les vashyas (commerçants) et, tout en bas, les sudras (serviteurs). Les trois castes, ou varnas, supérieures sont considérées comme des castes dites "pures", ce qui n'est pas le cas de celle des serviteurs. Viennent ensuite les «intouchables", ou groupe au degré d'impureté maximale.
Pour les Hindous, les brahmanes exceptés, la notion de varna (caste) ne signifie pas grandchose. Un individu se définira avant tout par son jati, cette unité endogame dans laquelle il est né et qui lui assigne sa place dans la hiérarchie du système.
S. R. Kharât, publia en 1959 un roman dont l'intrigue est raconté successivement par les douze baloutédâr[1] d'un village et qu'il intitula fort logiquement Bârâ Baloutédâr. La liste qu'il propose a cet avantage sur celles, plus scientifiques, des anthropologues de profession de manifester l'idée que se fait le lecteur indien moyen du contenu d'une telle liste. La voici :
1) l'éboueur, mahâr ;
2) le cordier, mâng ;
3) le garde champêtre, râmoshî ;
4) le potier, koumbhâr ;
5) le savetier, câmbhar ;
6) le porteur d'eau, kolî ;
7) le blanchisseur, parît ;
8) le barbier, nhâvî ;
9) le charpentier, soutâr ;
10) le forgeron, lohâr ;
11) l'orfèvre, sonâr ;
12) le célébrant du temple, gourâv.
[1] synonyme de jati.