Forte aujourd'hui de près de quelque 42 000 membres l'ADMD, association régie par la loi du 1er juillet 1901, a été créée en 1980, sous l'impulsion de l'écrivain Michel LEE LANDA et du sénateur Henri CAVAILLET.
Le véritable acte fondateur de l'association est la parution d'une tribune libre, intitulée "Un Droit", dans les colonnes du quotidien Le Monde, le 19 novembre 1979 :
"Si souffrances, misère et solitude possédaient quelque valeur vénale, il y a longtemps qu'elles auraient payé pour que le droit de mourir s'inscrive dans la Constitution, aux côtés des autres libertés reconnues, sinon toujours vécues. Le droit de mourir dignement dans la lucidité, la tendresse, sans autres affres que celles inhérentes à la séparation et au glissement hors de cette forme de vie, ce droit devient un impératif évident, dès lors que la vie peut être prolongée jusqu'au dernier délabrement – et même au-delà.
Qui s'aviserait de dénier ce droit à quiconque ? Personne, sauf toute l'organisation sociale et notre vision de la mort. Car, qu'est-ce qui nous attend ? L'agonie et probablement la mort à l'hôpital, lieu inconnu, froid, impersonnel ; sans grandes souffrances, peut-être, mais dans l'abrutissement des drogues afin que le mourant ne dérange pas et que les survivants n'aient pas à vivre la tragédie d'une conscience qui disparaît. Une dimension essentielle de la condition humaine est ainsi occultée, nous le sentons obscurément. Et nous nous disons que la mort doit être bien terrifiante pour être ainsi escamotée.
Or, il n'en est rien. L'observation directe et de nombreuses études de “morts thérapeutiques“ ressuscités montrent, autant que faire se peut, que le passage de vie à trépas n'est en rien une catastrophe."
Depuis sa création, plus de 80 000 personnes ont adhéré à l'ADMD. Parmi elles se comptent des médecins, des enseignants, des magistrats, des personnels médicaux et paramédicaux, des scientifiques, des ingénieurs, des députés, des sénateurs, des écrivains, des artistes, des journalistes, de tous les milieux sociaux, politiques, philosophiques et confessionnels.
Un comité de parrainage réunit les personnalités du monde politique, scientifique, médical, littéraire et philosophique qui soutiennent l'action de l'ADMD. Parmi ces personnalités, figurent notamment : Etienne BAULIEU, Professeur au Collège de France; André COMTE-SPONVILLE et Michel ONFRAY, philosophes ; Jean LACOUTURE et Benoîte GROULT, écrivains.
L'objectif principal poursuivi par l'ADMD est la légalisation de l'euthanasie active. Le raisonnement suivi par l'association est le suivant :
"Légaliser l'euthanasie n'implique pas l'introduction dans le code pénal d'une exception susceptible de constituer une réserve à l'interdit de tuer. En droit français, le crime d'euthanasie n'existe pas. Il n'y a donc pas à dépénaliser l'euthanasie. Pour définir les conditions d'un recours exceptionnel à l'euthanasie, il n'est pas nécessaire de toucher au code pénal. Il suffit de modifier le code de la santé publique en y précisant les conditions dans lesquelles un tel acte peut intervenir. En effet selon l'article L. 122-4 du code pénal "n'est pas responsable pénalement la personne qui accomplit un acte autorisé par des dispositions législatives ou réglementaires". A partir du moment où le code de la santé publique autorisera cet acte, les personnes y prêtant leur concours dans le respect des règles prescrites ne pourront plus faire l'objet de poursuites. Les parlementaires n'ont pas procédé autrement pour légaliser l'euthanasie "passive" dans le cadre de la loi Leonetti (loi du 22 avril 2005, nda). Ils se sont contentés de définir dans le code de la santé publique les conditions dans lesquelles les médecins sont désormais autorisés à cesser les traitements actifs, y compris dans l'hypothèse où cette décision entraîne la mort de leur patient.
Légaliser l'euthanasie sans toucher au code pénal a une signification symbolique très forte qui répond à la question de la transgression: cela signifie que l'euthanasie n'ayant rien à voir avec le meurtre ou l'assassinat, n'a pas à figurer comme une exception à ces crimes. Il ne s'agit pas de tuer. Il s'agit d'accéder à la demande lucide et réitérée de celui, celle, qui sollicite une assistance médicalisée pour mourir. En raison d'une maladie incurable et/ou parce qu'elle de se trouve placée dans un état qu'elle juge incompatible avec sa dignité".
L'ADMD a rédigé un projet de loi, dont le texte est disponible à l'adresse suivante :http://www.admd.net/objectifs/proposition-loi-admd.htm
A ce jour, ses revendications n'ont pas été satisfaites. Néanmoins, l'Association a reçu l'habilitation pour représenter officiellement les usages de l'hôpital (11 août 2006).