Dublin vient d’accepter une aide conjuguée de l'Union européenne et du Fonds monétaire international s’élevant à 85 milliards d’euros. En contrepartie, l’Irlande s’engage à adopter un plan d’austérité sans précédent : les prélèvements sur les revenus sont appelés à croître fortement (aujourd'hui la moitié seulement des Irlandais est soumise à imposition) tandis que l'âge de départ en retraite, actuellement fixé à 65 ans, sera porté à 66 ans en 2014, puis à 67 ans en 2021 et à 68 ans en 2028. Dublin a également accepté d'imposer un prélèvement permanent à ses banques. En revanche, ses partenaires européens n’ont pas réussi à contraindre l'Irlande à augmenter le taux de son impôt sur les sociétés. Fixé à 12,5 %, ce taux d’imposition est l’un des plus bas au monde et il est parfois considéré par les Irlandais comme un symbole de l’identité nationale. Le taux moyen de l’impôt sur les sociétés dans la zone euro est de 25,7 % - celui de la France, qui dépasse 34%, étant le plus élevé de la zone. Dublin craint qu’un relèvement de son taux ne se traduise par un exode brutal des nombreuses multinationales attirées sur l'île par ce taux d’imposition très bas – du reste fort mal perçu par les voisins de l’Irlande qui qualifient sa politique fiscale de « dumping ». Malgré les mesures d'austérité du gouvernement, le tigre celtique n'entend donc aucunement perdre son avance concurrentielle en matière de fiscalité d'entreprise.
Thèmes : politiques économiques
Mise en ligne : 30/11/2010
Source : La tribune
Dossier réalisé par Emmanuelle Simon-Ledoux
Coordination Philippe Deubel et Baptiste Marsollat