Alors que l'Afrique du Sud vient d'être formellement invitée à rejoindre le groupe des pays émergents constitué du Brésil, de la Russie, de l'Inde et de la Chine (BRIC qui va devenir BRICS), les prévisions du FMI font état d'une croissance soutenue en Afrique pour les années à venir. Sept pays africains seraient ainsi parmi les dix pays au monde ayant les taux de croissance les plus importants (avec la Chine, l'Inde et le Vietnam). La croissance moyenne en Afrique pourrait même dépasser celle de l'Asie.
Le revers de la médaille est que cette croissance s'accompagne d'une explosion démographique. L'Afrique est le dernier continent qui n'est pas encore entré, ou à peine, dans ce qu'on appelle la « transition démographique », ce lent passage d'une population à forte natalité et forte mortalité, à une population à très faible natalité et très faible mortalité. L'Afrique subsaharienne comptait 180 millions d'habitants en 1950, elle en compte plus de 850 millions aujourd'hui, et franchira allègrement le cap des deux milliards dans quarante ans, soit en moins de deux générations. Les Africaines ont encore en moyenne entre quatre et cinq enfants. Cette croissance démographique aura des conséquences en termes d'urbanisation accélérée et d'impact sur l'environnement.
Il sera difficile aux pays développés de lui imposer un mode de développement plus raisonnable, mode qu'eux-mêmes peinent à mettre en œuvre. En attendant, les importantes ressources pétrolières et minières du continent africain attisent de nombreuses convoitises. La Chine est la mieux placée pour exploiter ce marché potentiel, avec un volume global du commerce avec le continent africain qui dépasse déjà les 100 milliards de dollars.
Thème : croissance et développement, mondialisation
Mise en ligne : 24/01/2011
Source : The Economist, FMI
Dossier réalisé par Emmanuelle Simon-Ledoux