Kenneth Arrow (1921 - )

Prix Nobel 1972 (Etats-Unis)

Après des études au City College de New-York, Kenneth Arrow rejoint l'Université de Columbia, où il étudie les mathématiques et l'économie. Mobilisé au lendemain de Pearl Harbour, il est affecté dans l'armée de l'air. A l'issue de la guerre, il entame un cursus universitaire qui le conduit successivement à Chicago (où il participe à la Cowles Commission for Research in Economics), à Stanford puis à Harvard.

Le nom de Kenneth Arrow est notamment associé à une des constructions théoriques les plus importantes et controversées de la science économique, à savoir la théorie de l'équilibre général. Cette théorie prétend explorer sous quelles conditions un équilibre de tous les marchés est possible. Kenneth Arrow conserve l'hypothèse de rationalité des agents (ils choisissent, parmi toutes les possibilités qui leur sont offertes, celle qui maximise leur bien-être) et parvient – avec l'économiste Gérard Debreu – à démontrer l'existence d'au moins un équilibre général ("modèle Arrow-Debreu"). Il existerait un vecteur de prix qui égalise simultanément l'offre et la demande globale sur tous les marchés. Cette démonstration constitue un apport majeur à l'analyse économique. En effet, elle complète les travaux de Walras qui avait postulé l'existence d'un tel équilibre mais ne l'avait pas rigoureusement démontré.

Il démontre, en outre, que l'équilibre général est efficace au sens défini par le sociologue italien Vilfredo Pareto : la société est alors telle qu'il n'est pas possible d'améliorer la situation d'un agent sans altérer celle d'au moins un autre. C'est le "premier théorème de l'économie du bien-être". Il suggère qu'une situation optimale au sens de Pareto peut être atteinte par un équilibre de marché concurrentiel. C'est le "deuxième théorème de l'économie du bien-être".

Mais Kenneth Arrow est aussi connu pour son "théorème d'impossibilité". Celui-ci indique qu'il n'est pas possible de déduire une relation de préférence collective cohérente portant sur les états réalisables d'une économie à partir des relations de préférence des agents, sauf à avoir un "dictateur" dont les propres préférences écrasent celles des autres agents.

Par ailleurs, il fut l'un des premiers économistes à explorer les phénomènes d'asymétries d'information, de "risque moral" (moral hazard) et de "sélection adverse" (adverse selection) qui sont à l'origine de l'imperfection des marchés.
Il est également un précurseur des théories de la croissance endogène avec ses travaux empiriques sur les effets d'apprentissage (learning by doing). Ses travaux ont montré qu'au fur et à mesure que les producteurs augmentent leur production, ils acquièrent de l'expérience et deviennent plus efficients.

Principales publications

(1974), The limits of organization, traduction française chez PUF, 1976
(1971), General competitive analysis (avec Frank Hahn),
(1971), Essays in the theory of risk-bearing,
(1962), “The economic implications of learning by doing”, Review of Economic Studies, juin, 155-73
(1963), “Uncertainty and the welfare economics of medical care”, AER
(1954), “Existence of a competitive equilibrium for a competitive economy” (avec Gerard Debreu), Econometrica 22, n° 3, juillet, 265-90
(1951), Social choice and individual values, traduction française sous le titre Choix collectifs et préférences