Accumulation du capital, progrès technique et croissance

3. L'investissement dépend de la rentabilité et du taux d'intérêt

3.2. L'investissement dépend de la rentabilité économique

Documents associés - Textes de référence

Investissement, profitabilité et contrainte de débouchés


Muet Pierre-Alain et Véganzones Marie-Ange, (1992), "Investissement, profitabilité et croissance dans les années quatre-vingt", Observations et diagnostics économiques, n°41, p. 141-143


Le modèle traditionnel accélérateur-profit a toutefois un défaut : il ne prend pas en compte le fait que pour qu'une firme investisse, il faut simultanément que la profitabilité de l'investissement soit suffisante comparée au taux d'intérêt réel, et que l'augmentation anticipée des débouchés autorise un accroissement des capacités de production. On peut représenter cette détermination dans les graphiques ci-dessous.

Dans ces graphiques, chaque projet d'investissement est représenté par un rectangle dont la base est le volume de l'investissement et la hauteur le taux dé rentabilité du projet. Les projets d'investissement sont classés par ordre de rentabilité décroissante. Les rectangles en trait plein représentent tous les investissements qui sont compatibles avec l'augmentation anticipée des débouchés. Si, par exemple, le coefficient de capital est le même pour chaque projet, l'augmentation de capacité de production est proportionnelle au volume de l'investissement donc à la base des rectangles.

Dans la figure 1, l'accroissement anticipé des débouchés permettrait de réaliser cinq projets d'investissement sur les six projets potentiels, mais seuls les quatre premiers projets ont une rentabilité supérieure au taux d'intérêt réel. L'investissement optimal est donc constitué de ces quatre projets et c'est la rentabilité du capital et le niveau du taux d'intérêt qui limite l'investissement : une hausse de la profitabilité des projets ou une baisse du taux d'intérêt réel accroît l'investissement réalisé qui est déterminé par

Graphique 1 :

Investissement et contrainte de profitabilité

Dans le cas de figure 1b, l'accroissement anticipé des débouchés ne permet de réaliser que les trois premiers projets, alors que quatre projets ont une rentabilité supérieure au taux d'intérêt réel. L'investissement optimal est donc constitué des trois premiers projets, et une hausse de la rentabilité des projets ou une baisse du taux d'intérêt sont sans effet sur l'investissement réalisé (du moins tant que ces variations sont telles que l'on reste dans cette configuration). Celui-ci ne dépend que de l'augmentation anticipée de la demande

Graphique 2 :

Investissement et contrainte de débouchés

Dans le cas général, l'investissement de l'entreprise sera le minimum des deux fonctions/

Si la profitabilité – c'est-à-dire l'écart entre la rentabilité et le taux d'intérêt réel – est forte, l'investissement de l'entreprise dépendra uniquement de l'évolution anticipée des débouchés ; si au contraire la croissance anticipée est forte et la profitabilité faible, c'est cette dernière qui déterminera l'investissement.

La situation est évidemment moins tranchée à l'échelle macroscopique, puisque certaines entreprises seront contraintes par les débouchés, d'autres par la profitabilité.