La baisse du rendement social du diplôme s'effectue pourtant dans le contexte d'une réduction de l'inégalité des chances de réussite scolaire selon le milieu d'origine. Sur une période de quinze ans, cette réduction, sans être spectaculaire, est réelle. Le tableau ci-dessous qui, pour simplifier, ne réfère qu'au monde salarié, montre que la propension de fils d'ouvriers ou employés qui sortent du système scolaire sans diplôme ou avec un CEP diminue, tandis que leurs chances d'obtenir un diplôme secondaire d'enseignement général ou technique augmentent. Ceux dont les pères exercent une profession intermédiaire sont moins facilement de niveau secondaire et accèdent davantage au niveau du baccalauréat et plus, niveau pour lequel la situation des fils de cadres supérieurs se maintient.
L'indice de diagonalité nette calculé sur les données du tableau passe de 0,66 à 0,63 entre 1982 et 1997, ce qui indique une légère diminution de l'inégalité des chances scolaires (à marges constantes) ; mais la différence entre ces deux chiffres est à la limite de la significativité pour un intervalle de confiance de 95%. La légère atténuation de l'inégalité des chances scolaires entre 1982 et 1997 n'est donc pas suffisamment forte pour bouleverser la mobilité sociale.