Politique monétaire

3. Les règles de la politique monétaire

3.3. Le banquier central : artiste ou scientifique ?

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Indicateurs d'inflation : pas de recette miracle


Cecchetti Stephen G., Chu Rita S. et Steindel Charles, (2000), The Unreliability of Inflation Indicators, coll. ''Federal Reserve Bank of New-York Current Issues in Economics and Finance, vol. 6, n°4, April"


Lecture : On teste la capacité prédictive de 19 indicateurs pour l'inflation américaine entre 1985 et 1998 (période d'inflation relativement stable et basse). La RMSE est une mesure d'erreur de prévision. Le NAPM (aujourd'hui rebaptisé ISM) est une enquête dirigée auprès des directeurs d'achat et qui occupe une place importante aux yeux des marchés financiers pour juger des perspectives de croissance de l'industrie américaine. Le JOC désigne le Journal of Commerce. Les résultats de chaque indicateur pour un horizon de deux ans (un horizon assez long dans le domaine de la prévision macroéconomique) sont comparés à une prévision automatique, l'autorégression, qui ne fait que reporter vers le futur les chiffres enregistrés au cours des années passées. On devrait s'attendre à ce que la quasi-totalité des indicateurs « superforment » l'autorégression, mais c'est loin d'être le cas ; par ailleurs, on aurait pu s'attendre à voir émerger deux ou trois indicateurs systématiquement plus fiables que les autres : au lieu de cela, c'est l'indétermination la plus totale qui semble régner. A quel indicateur peut-on se fier ? la conclusion des auteurs est simple : seule la combinaison de plusieurs indicateurs en un indicateur composite, avec une pondération reconfigurée régulièrement, peut permettre des résultats convenables.

 

Lecture : Même exercice de hiérarchisation des 19 indicateurs d'inflation que précédement, avec un classement basé sur les performances prédictives au cours de 13 périodes. Le TUCP désigne le taux d'utilisation des capacités de production dans l'industrie (un fort TUCP est analysé comme un signe avant-coureur de tensions sur les prix). Le taux de change en niveau et l'agrégat de monnaie M1 ne peuvent être considérés comme des indicateurs sérieux (ils « sous-performent » systématiquement une simple autoregression, à croire qu'ils le font exprès) : ils ont pourtant été longtemps considéré comme les plus importants. L'indicateur le plus fiable sur la période considérée (le Journal of Commerce) est totalement dénué de fondements théoriques. Même conclusion que précédemment : le bon prévisionniste est condamné à croiser les sources d'information, il ne peut oublier les agrégats (M2 aux Etats-Unis, M3 en Europe), il doit surveiller de près les tensions sur le marché du travail (courbe de Beveridge, salaires, position du chômage courrant par rapport au niveau estimé du NAIRU…) et l'évolution du cours des matières premières, il ne doit pas sous-estimer les enquêtes et sondages auprès des industriels (c'est le secteur manufacturier qui « fait le cycle » puisque c'est de loin celui dont les évolutions sont les plus heurtées et les plus soumises aux chocs externes)…