Relation entre inflation et indépendance de la Banque centrale
Lecture : Le degré d'indépendance légale est une mesure approximative établie par l'auteur à l'aide d'une batterie d'indicateurs (le banquier central reçoit-il des instructions du gouvernement ? quelle est la durée de son mandat et est-ce un mandat irrévocable ? la banque centrale peut-elle faire crédit au secteur public ? peut-elle définir librement sa stratégie ? quel est le niveau de responsabilité démocratique ? le gouvernement bénéficie-t-il de clauses lui permettant de "reprendre la main" ? suffit-il d'une loi ordinaire pour changer les statuts de la banque centrale ?, etc). La période considérée (1960-1995) mêle une période de forte inflation et une période de désinflation prononcée. Sans surprise, et conformément aux résultats de Summers et Alesina, les pays les plus "vertueux" (politique monétaire placée résolument hors de la sphère politique : Allemagne, Suisse…) sont ceux qui enregistrent, sur longue période, les taux d'inflation les plus bas. La dispersion est relativement faible. A noter toutefois les résultats surprenants d'un pays comme le Japon, où la banque centrale (BoJ) est resté longtemps fort peu indépendante, et où pourtant, en dépit de résultats souvent médiocres sur le plan de la structure concurrentielle de l'économie, l'inflation est resté relativement contenue.
Relation entre chômage et indépendance de la Banque centrale
Lecture : Le lien entre l'indicateur d'indépendance et le taux de chômage est beaucoup moins net. Sur la période considérée, et pour les pays de l'OCDE, il n'est pas possible d'associer une politique monétaire sanctuarisée à un faible taux de chômage, et inversement, en dépit de la dichotomie Suisse/Espagne. En effet, le taux de chômage dépend moins de facteurs macroéconomiques (faible inflation…) que de facteurs microéconomiques et structurels (degré de rigidité des salaires, degré de régulation du marché du travail, concurrence sur le marché des biens etc).