3. La coordination par le marché


Question 4 Quelles sont les principales défaillances du marché ?

Dossier réalisé par Stéphanie Joly

ETAPE 2. FAISONS LE POINT

le marché est défaillant ...

Le marché ne fonctionne pas toujours parfaitement. Il connaît un certain nombre de défaillances.

On dit d’un marché qu’il est défaillant s’il ne permet pas de fixer un prix et permettre les échanges de façon efficace, le marché échoue dans l'allocation optimale des ressources. La poursuite des intérêts privés ne conduit toutefois pas toujours à la réalisation de l'intérêt de tous.

Ces défaillances se produisent dans plusieurs situations

Les asymétries d’information

Dans le modèle de concurrence pure et parfaite, on fait l’hypothèse que les agents économiques sont parfaitement informés (sur la qualité, les prix….). Dans la réalité, sur les marchés, l’information est imparfaite. Le marché ne fonctionne souvent qu’en situation d’asymétrie d’information.

L’information est dite asymétrique lorsque l’un des participants à l’échange dispose d’informations que l’autre n’a pas, ce qui va conduire à un dérèglement du marché car celui qui détient l’information peut l’utiliser à son profit.

Certains offreurs ou demandeurs, en situation d’incertitude, peuvent prendre de mauvaises décisions ou se retirer du marché, ce qui conduit à un déséquilibre ou à une absence de marché.

 

La production et la diffusion d’information permettent de réduire les incertitudes ;et de rétablir la confiance entre offreurs et demandeurs : par exemple grâce aux labels, à la publicité, aux comparateurs de prix, aux magasines de consommateurs, aux certifications……)

 

Les marchés peuvent être défaillants dans le domaine de l’allocation des ressources en présence de biens collectifs ou d’externalités.

On parle d'externalités lorsque les actions d'un agent économique ont un impact positif ou négatif sur le bien-être et le comportement d'autres agents sans compensation monétaire (cet impact n'est pas pris en compte dans les calculs de l'agent qui le génère).

Les externalités peuvent se révéler positives ou négatives.

On distingue :

les externalités négatives : par exemple, lorsqu’une usine pollue l’environnement, le voisinage en subit les désagréments (problèmes de santé, baisse du prix de l’immobilier….) sans indemnisation

 

Les externalités positives : par exemple, l’implantation d’une usine crée des emplois ce qui est favorable au voisinage (les commerçants voient leur clientèle augmenter) sans que celui-ci participe d’aucune manière au financement de l’avantage dont il bénéficie.

 

L’existence d’externalités empêche une allocation optimale des ressources dans la mesure où :

un agent créant une externalité positive, qui améliore l’intérêt général sans être rémunéré ne sera pas encouragé à accroître son activité puisqu’il n’est pas récompensé.

Un agent créant une externalité négative, qui nuit au bien être collectif, n’aura pas intérêt à réduire son activité puisqu’il n’en subit pas le coût. Le marché ne l’incite en effet pas spontanément à réduire ce coût.

Les externalités ne sont pas prises en compte dans le prix du produit, le prix est ; "faux".

 

Les biens collectifs  sont des biens qui peuvent être consommés par plusieurs personnes à la fois. Chacun des consommateurs consomme la totalité du bien.

Ceux-ci ont deux caractéristiques :

Ils sont indivisibles

Ils sont librement accessibles

Le marché échoue dans la prise en charge les biens collectifs du fait de leurs caractéristiques (non exclusion, non rivalité) même s’ils sont très utiles, il n’y a pas de marché possible, donc il n'y a aucun mécanisme permettant de fixer le prix.

En effet, personne ne sera prêt à payer pour consommer ce bien dans la mesure où il est possible d’en profiter gratuitement, il est difficile d’interdire l’accès à ce bien à ceux qui ne paient pas (comportement de "passager clandestin") ; par exemple, l'éclairage public. De même, aucun producteur ne sera encouragé à produire ce bien s’il ne peut obtenir un paiement en contrepartie (ex qui doit payer l’éclairage d’une route qui acceptera de payer ?). Pour ce type de bien, il n’y a donc pas de marché possible ou le marché serait inefficace (la production serait insuffisante).

Les pouvoirs publics peuvent être amenés à intervenir pour corriger ces défaillances.

L’Etat va contrôler l’information mise à disposition des consommateurs. Il peut réglementer l’attribution des labels par exemple, contrôler la publicité, obliger les producteurs à fournir certaines informations sur la qualité de leurs produits……. Par exemple, la présence d’OGM dans les produits alimentaires.

L’Etat peut prendre en charge la production des biens collectifs dans la mesure où ils sont favorables à l’intérêt général et que le marché ne peut les prendre en charge. Les biens collectifs seront financés collectivement, par le biais de l’impôt. Ex : l’éclairage public, la construction d’une route…….

Il peut prendre des mesures visant à orienter les décisions économiques afin de :

réduire les externalités négatives en en augmentant le coût privé

encourager les actions qui génèrent des externalités positives en en diminuant le coût privé

par la réglementation, l’indemnisation ou la taxation de manière à "internaliser" les effets externes.

Ex : taxer les entreprises polluantes ou subventionner les investissements dans les énergies renouvelables.

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