Une cinquantaine de participants, représentant le monde de l'entreprise, de la finance ou des "parties prenantes" engagées dans la responsabilité sociétale des entreprises et l'investissement responsable étaient présents au petit déjeuner débat organisé le 11 juin 2002 par Novethic.
Ce débat a eu lieu au lendemain de la publication de la liste définitive (7 au total) des offres de fonds socialement responsable labellisés par le Comité Intersyndical pour l'Epargne Salariale, dont la CFDT est l'un des initiateurs. Y participaient de nombreuses sociétés de gestion ayant répondu à l'appel d'offre des syndicats, aussi bien les "heureuses élues": Crédit Lyonnais Asset Management, Macif gestion que celle qui n'ont pas été sélectionnées comme Lazard Frères Gestion, HSBC, UBS, Storebrand, Federal Gestion, Branics, ING Investment Management, ou encore Dexia AM.
Jacques Bass a donné des explications détaillées sur le processus de sélection du Comité Intersyndical pour l'Epargne Salariale, organisé en deux tours. Les trois critères déterminants ont été : le rapport qualité prix de l'offre, la dimension socialement responsable de l'offre candidate à la labellisation et la représentation salariale dans le conseil d'administration. Pour la dimension socialement responsable, le comité a favorisé les sociétés de gestion possédant une équipe interne d'analystes, sans remettre, dit-il, en cause l'importance des agences de notation. Pour le premier tour, il y a eu des auditions complémentaires à la remise de dossiers et les candidats malheureux qui en ont fait la demande ont eu des explications sur le refus du comité. Pour le second tour, le comité n'a travaillé que sur dossiers.
Jacques Bass a rappelé que cette liste n'altérait en rien la totale liberté qu'ont les entreprises de choisir d'autres fonds. "Il ne s'agit que d'un label" a-t-il précisé, "Les syndicats ne prétendent pas gérer l'épargne salariale. Ils labellisent, ils agréent, c'est tout".
Beaucoup de questions ont porté sur "qui décide des critères de responsabilité sociale". Jean d'Izarny, directeur du développement institutionnel de CLAM, Robert de Nicolay, directeur de la société de gestion Branics et Philippe Paszkiewicz (UBS) ont tous trois insisté sur le rôle des sociétés de gestion. Ce n'est pas de leur ressort de choisir les critères éthiques, sociaux ou environnementaux. La société de gestion doit offrir une expertise qui permet au client d'appliquer ses propres critères de choix.
Pierre Bollon de l'AFG ASSFI a soulevé la question d'une éventuelle prédominance de la question sociale sur la question environnementale dans la future agence de notation européenne que doit créer Nicole Notat dans quelques semaines. Jacques Bass lui a répondu que les critères sociaux n'étaient pas assez représentés dans les agences de notation actuelles, qu' "un besoin de rééquilibrage sur l'évaluation des pratiques sociales et environnementales" était nécessaire et qu'une réévaluation de leur importance était donc parfaitement bienvenue. Pour lui cela ne signifie en aucun cas que cette agence de notation soit une agence de type syndical.
Jacques Bass a souligné l'importance à ses yeux de l'Epargne Salariale Socialement Responsable. " Il y a longtemps que la CFDT pense que performance sociale et économique doivent se rencontrer ". Cette idée a permis le dépassement des clivages inter-syndicaux qui ont tous à l'exception de FO accepté de participer au comité de labellisation, marquant un véritable changement de mentalité.
Source : www.novethic.fr