Réunion – 2007 – enseignement obligatoire
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Thèmes : société
Type : dissertation appuyée sur un dossier documentaire
Dossier réalisé par Dominique Szczesny
La population active a été marquée par de profondes transformations depuis le début des années 1970. Les ouvriers ont vu leurs effectifs et leur poids dans la population active régresser au profit des employés mais aussi des professions intermédiaires, des cadres et des personnes exerçant des professions intellectuelles supérieures. En parallèle, on a assisté à la féminisation de la population active et à la poursuite de la tertiarisation des emplois. Ces changements influencent de manière importante à la fois les conflits dans le sens où progressivement ils deviennent mois nombreux étant donné leur institutionnalisation mais aussi leur nature : ils sont moins centrés sur les revendications salariales.
On a assisté à la féminisation de la population active et à la poursuite de la tertiarisation des emplois. Ceci tendrait à étayer l’hypothèse d’un repli des conflits sociaux, dans le sens où les catégories sociales en progression sont moins revendicatives sur les sujets traditionnels de revendication (ex : hausses de salaires).
La progression des effectifs de ces catégories avec, en parallèle, celle de l’individualisme ne réduit pas les revendications : les mouvements sociaux persistent et les revendications sont aujourd’hui plus diversifiées. De même, les nouveaux mouvements sociaux ont permis l’apparition de nouvelles revendications (celles, notamment, qui sont portées par les femmes).
Entre le début des années 1980 et le milieu des années 2000, la précarisation progressive des emplois a aussi bien marqué le secteur public que le secteur privé. Par exemple, la part des CDI dans l’ensemble des emplois du secteur privé a baissé de 8 points de pourcentage alors que celle des emplois statutaires a enregistré une baisse de 11,6 points.
La montée progressive des emplois précaires où la syndicalisation est peu importante au détriment de l’emploi dit stable réduit les possibilités de conflit. De même, le secteur public qui peut être considéré comme un « bastion syndical » est aussi en proie à une précarisation des emplois, ce qui réduit l’audience syndicale et les possibilités de conflit.
Les journées de grève dans les conflits localisés se sont quantitativement réduites entre les années 1996 et 2004 : elles sont passées de 350 000 à 200 000. De même, les revendications se sont fortement diversifiées : les revendications salariales ne représentent plus qu’un tiers de l’ensemble des revendications.
Les conflits portent aussi sur le maintien de l’emploi, les conditions de travail, etc. Des aspirations nouvelles apparaissent donc, liées aux valeurs qui changent au sein de la société (ex : valeurs post-matérialistes).
Les acteurs des nouveaux mouvements sociaux sont essentiellement issus de la classe moyenne instruite. Le profil des acteurs des mouvements sociaux s’est ainsi profondément modifié. De plus, les revendications sont aujourd’hui plus centrées sur « la vie quotidienne, la culture, le cadre de vie et la protection de l’environnement, l’autonomie du sujet face au renforcement du contrôle social, la subjectivité, etc. ».
En parallèle, les actions menées se diversifient elles aussi (ex : boycott, sit-in, etc.).
Les valeurs que l’on qualifie de « post-matérialistes » ont progressé dans les sociétés des grands pays développés. Ceci suppose donc que la nature des revendications ait changé ainsi que les modes d’action. Toutefois, des différences non négligeables demeurent entre ces mêmes pays.
Les sociétés occidentales ont été marquées par de profonds changements depuis l’avènement de la révolution industrielle. Ces bouleversements ont atteint la sphère économique dans ses différentes dimensions, qu’il s’agisse par exemple du développement du salariat, de l‘industrialisation puis de la tertiarisation, mais aussi le domaine social, comme en témoigne l’apparition de groupes homogènes, comme les ouvriers, puis de catégories caractérisées par une plus grande hétérogénéité comme les classes moyennes. Ces différentes mutations ont donc nécessairement modifié les actions humaines et plus particulièrement les mouvements sociaux que l’on peut définir comme toutes les actions collectives visant à changer les comportements et/ou les institutions en un sens favorable à un groupe actif et organisé.
On montrera donc comment les transformations économiques ont produit des effets sur les mouvements sociaux mais aussi de quelle manière les changements sociétaux les ont influencés.
Les transformations de la population active ont modifié les acteurs traditionnels des conflits. On a assisté à la féminisation de la population active ainsi qu’à la tertiarisation des activités. En parallèle, les effectifs industriels et notamment les ouvriers ont vu leur part décroître dans l’ensemble de la population active. La conséquence de ces transformations se matérialise par une réduction du nombre de conflits, particulièrement des conflits traditionnels. Les acteurs de ces conflits sont en outre de plus en plus hétérogènes tandis que les conflits eux-mêmes se sont de plus en plus institutionnalisés. (documents n° 1 et 2)
Parallèlement à la réduction du nombre de conflits traditionnels, on assiste à la précarisation des emplois, privés ou publics, ce qui tend à réduire l’influence syndicale. Ce processus est renforcé par la montée du chômage. Par conséquent, les motifs de conflit se transforment aussi : ils sont davantage centrés sur le maintien de l’emploi, les conditions de travail, etc. (documents n° 3 et 4)
Les choix opérés quant aux modes d’action utilisés sont le reflet des changements sociétaux. La qualification croissante de la main d’œuvre, la démocratisation de l’enseignement produisent des effets sur les modalités d’action. De nouveaux modes d’action se développent : sit-in, grève de la faim, boycott, utilisation des médias, opérations «escargot », grève du zèle, etc. (documents n° 4, 5 et 6)
La montée de l’individualisme et la progression des valeurs post-matérialistes ont aussi profondément changé les finalités menées dans le cadre des mouvements sociaux. Elles portent aujourd’hui sur une recherche plus grande d’autonomie, sur des préoccupations identitaires. (documents n° 2, 5 et 6)
Il s’avère donc que les transformations économiques et sociales ont influencé les mouvements sociaux contemporains. Les conflits traditionnels portés par le monde ouvrier se sont estompés au profit de nouveaux mouvements sociaux auxquels participent en partie les classes moyennes. Les objets des revendications se sont diversifiés ainsi que les moyens d’actions utilisés.
Pour autant, les conflits traditionnels n’ont pas disparu et contribuent encore en partie au changement social. Il serait alors intéressant de porter l’étude dans le cadre d’une recherche sur les effets des mouvements et conflits sociaux sur la structure sociale.