Analyse du sujet
- Mots clefs : innovation, compétitivité
- Liens entre les notions : il s’agit ici de montrer que le sens est exclusif dans la mesure où l’innovation génère une plus grande compétitivité. Il faut donc exposer les mécanismes par lesquels les innovations permettent aux acteurs économiques d’être plus compétitifs. De même, ces innovations devront donc faire l’objet de stimulations pour faire en sorte que leur impact en termes de compétitivité (prix et structurelle) soit permanent.
- Hypothèses de travail possibles :
- hypothèse 1 : par quels mécanismes les innovations génèrent- elles des effets sur les différentes formes de compétitivité ? comment alors stimuler ces innovations face aux impératifs de compétitivité ?
- hypothèse 2 : comment les innovations entraînent-elles des effets sur la compétitivité-prix ? par quels mécanismes les innovations peuvent-elles aussi produire des effets en termes de compétitivité structurelle ou hors-prix ?
- Choix retenu pour traiter le sujet : hypothèse 1
- Hypothèses ne permettant pas de traiter le sujet :
- hypothèse 3 : quels sont les mécanismes qui permettent de traduire les innovations en termes de compétitivité-prix ?
- hypothèse 4 : après avoir exposé les différentes formes d’innovation, il s’agira de préciser les mécanismes par lesquels ces dernières génèrent des effets sur les différentes formes de compétitivité
Mobilisation des connaissances de cours pour traiter le sujet
- innovation
- compétitivité
- différenciation des produits
- compétitivité prix/produit
- innovation de procédé, de produit, organisationnelle
- recherche et développement
Mobilisation des savoir-faire pour traiter le sujet
- Savoir retirer des informations dans un tableau en maîtrisant la lecture de pourcentages (document n°1 : quels sont les objectifs prioritaires recherchés par les entreprise innovantes ?)
- Savoir lire des évolutions à partir de taux de variation (document n° 5 : variation de la productivité dans le temps dans différents pays)
- Savoir comparer la situation de différents pays à partir de donnée statistiques relatives à l’évolution de la productivité dans le temps (document n°5)
- Savoir lire les données chiffrées contenues dans un graphique (document n°4)
- Savoir établir des corrélations entre deux variables (document n°5 : existe-t-il un lien entre dépenses de recherche-développement et indice global de compétitivité ?
- Retirer des informations contenues dans des textes afin de les relier au sujet (document n°2 : rôle de l’Etat dans le financement de la recherche-développement ; document n°3 : écarts entre les pays européens et l’Amérique du Nord en termes d’innovation et politique menée par les Européens pour rattraper ce retard par l’intermédiaire de la stratégie de Lisbonne ; document n°6 : situation spécifique de L’Europe en termes d’innovation, et notamment de la France qui se distingue par de grandes entreprises développant des innovations incrémentales alors qu’à l’avenir il faut développer des innovations de rupture pour préserver l’emploi.
- Etablir des liens entre les documents du dossier documentaire (documents n°2 et 3 : nécessité d’interventions publiques pour instaurer des zones de compétitivité à l’image des Etats-Unis qui ont une faculté d’innovation importante par rapport à d’autres pays développés ; documents n°4 et 5 : La Suède, la Finlande, les Etats-Unis et le Japon sont les pays qui connaissent l’évolution de la productivité la plus forte depuis 2000 (à la différence de la zone euro) et qui disposent à la fois de la part des dépenses en R&D en % du PIB et de l’indice global de compétitivité les plus élevés.
Etude du dossier documentaire
>> Voir les documents
Document n°1 – Les objectifs de l’innovation technologique en France (tableau)
Le but de l’innovation réside majoritairement dans une amélioration de la compétitivité structurelle (remplacer les produits obsolètes pour 31 % des réponses dès lors que l’on considère les objectifs que se sont fixés les entreprises innovantes, améliorer la qualité des produits dans 58 % des réponses, étendre la gamme dans 58 % des situations, etc.) .
L’entreprise innovante peut aussi chercher à réduire ses coûts et gagner en compétitivité prix (ex : réduction des coûts salariaux pour 22 % des cas, etc.).
Document n°2 – Chambre de Commerce France Israël, "Tour d’horizon des Silicon Valley du monde" (extrait)
Exemples des pôles de compétitivité dans le monde : les cas des Etats-Unis et celui de la France de manière plus récente.
La complémentarité entre le privé et le public semble accélérer le processus d’innovation et favoriser la compétitivité des économies.
Ces pôles passent par des financements publics et privés.
Avance des Etats-Unis en matière de pôles de compétitivité.
Document n°3 – Luis Miotti et Frédérique Sachwald, La croissance française 1950-2030, Le défi de l’innovation (extrait)
Comparaison des capacités d’innovation entre les Etats-Unis et l’Europe, cette dernière enregistrant une forme de handicap face aux initiatives américaines.
Volonté politique européenne pour dynamiser l’innovation autour de pôles de compétitivité : stratégie de Lisbonne.
A relier avec le document 2.
Document n°4 – Dépenses de recherche et développement et compétitivité en 2004(graphique)
Plus la part des dépenses en R&D en % du PIB est forte, plus l’indice global de compétitivité est élevé (Suède, Finlande, Etats-Unis). Les dépenses de R&D en Suède représentent environ 4,4 % du PIB et l’indice global de compétitivité est proche de 5,7.
La France qui a la part des dépenses en R&D en % du PIB la plus faible a aussi l’indice global de compétitivité le plus faible : les dépenses de R&D ne représentent que 2,3 % du PIB et l’indice global de compétitivité est égal à 4,7.
Les dépenses de R&D sont donc nécessaires et doivent être encouragées pour stimuler l’innovation et la compétitivité (à relier avec les documents n°2 et 3).
Document n°5 – Évolution de la productivité du travail (tableau)
La Suède, la Finlande, les Etats-Unis et le Japon sont les pays qui connaissent l’évolution de la productivité la plus forte depuis 2000 (par exemple : progression de la productivité supérieure de 2 % en moyenne aux Etats-Unis à la différence de la zone euro qui connaît une progression moyenne proche de 1 % ) et qui disposent à la fois de la part des dépenses en R&D en % du PIB et de l’indice global de compétitivité les plus élevés.
L’accélération de la productivité du travail permet aussi de gagner de la compétitivité prix.
Document n°6 – Pierre Davalan, L’innovation de rupture, clé de la compétitivité (extrait)
Les effets des innovations radicales et incrémentales sont différents sur la compétitivité des économies. Les innovations en termes d’offre et de renouvellement d’offre de produit seraient génératrices d’emplois. Or c’est dans ce domaine que les industriels européens sont en retrait par rapport à leurs concurrents.
Il faut aussi souligner le retard de l’Europe et de la France en matière d’innovations radicales par rapport au Japon et aux Etats-Unis (à relier avec les documents n°2, 3, 4 et 5).
Plan détaillé
Introduction
Le marché constitue le lieu de la rencontre entre l’offre et la demande ; que celle-ci soit relative aux biens, aux services ou au travail, un prix et des quantités sont déterminés. Pour pouvoir offrir davantage de biens, les entreprises doivent être davantage compétitives en termes de prix ou de qualité. Pour atteindre ces objectifs, elles doivent au préalable effectuer des investissements qui débouchent sur l’innovation.
Mais quels sont les mécanismes précis par lesquels l’innovation est un facteur de compétitivité ?
Il s’agira de montrer que l’application d’une invention dans le domaine économique constitue un facteur de compétitivité, qu’elle soit en termes de prix ou structurelle.
De même, cette compétitivité n’est pas acquise définitivement. Il faut sans cesse qu’elle soit stimulée. Il faudra alors s’intéresser aux moyens mis en œuvre pour qu’elle s’inscrive dans le long terme. Le développement des dépenses de recherche-développement apparait alors comme un élément déterminant, de même que la coopération entre les différents acteurs économiques.
Première partie : l’innovation est un facteur de compétitivité
A. L’innovation améliore la compétitivité prix
- Les innovations de procédés et organisationnelles, comme par exemple l’application des nouvelles méthodes de production japonaises dans les entreprises à partir des années 1980 ont permis de baisser les coûts de production et de gagner en compétitivité coûts et prix
- Elles permettent aussi d’accroître la productivité du travail. Créer plus de richesses en moins de temps entraîne la réalisation d’économies d’échelle, la baisse du coût total unitaire et la baisse des prix, d’où une meilleure compétitivité prix sur les marchés nationaux et internationaux.
- D’ailleurs les Etats-Unis, la Suède, la Finlande, et le Japon connaissent un rythme de croissance de la productivité du travail plus élevé par rapport à la zone euro et un indice global de compétitivité plus fort (documents n°4 et 5).
B. Et la compétitivité structurelle
- Les objectifs principaux de l’innovation reposent toutefois sur la recherche d’une amélioration de la compétitivité structurelle. En effet, en 2001, 58 % des entreprises innovantes en France visent à étendre la gamme de leurs produits et 56 % à améliorer la qualité des produits existants (document n°1).
- L’innovation de produit est donc essentielle pour se positionner sur les marchés mondiaux concurrentiels et passe par des efforts en matière de recherche et développement. De plus, il est préférable que cette innovation de produit soit une innovation radicale ou de rupture pour se trouver dans une position de leader sur les marchés mondiaux (document n°6).
- L’innovation organisationnelle peut aussi avoir pour objectif la qualité totale comme ce fut le cas avec l’application du toyotisme dans les entreprises, et contribuer de ce fait à accroître la compétitivité structurelle.
Deuxième partie : qui doit être sans cesse stimulée pour faire face à l’impératif de compétitivité
A. Favoriser les dépenses de R&D
- Ce sont les économies d’Europe du Nord (Suède, Finlande), les Etats-Unis et le Japon qui consacrent la part la plus élevée en matière de R&D en % du PIB en 2004.
- Or, plus les dépenses de R&D en % du PIB sont fortes, et plus l’indice global de compétitivité est élevé (document n°4).
- Les recherches fondamentale et appliquée doivent entraîner plus d’innovations de rupture et garantir une meilleure compétitivité (document n°6).
B. Par une politique active de coopération des acteurs économiques
- Il existe une volonté politique européenne avec la mise en oeuvre de la stratégie de Lisbonne (document n°3) pour s’imposer sur la scène mondiale.
- Cette politique nécessite une coopération entre les acteurs publics et privés.
Par exemple, pour renforcer la compétitivité des entreprises, les pouvoirs publics français ont souhaité rapprocher les acteurs publics et privés de l'innovation, c’est à dire rassembler sur un territoire donné les compétences des unités publiques et privées de recherche, des centres de formation, et le savoir-faire des entreprises.
Les chercheurs et les entrepreneurs sont mobilisés, dans le cadre d’une coopération public/privé, sur des projets nouveaux porteurs d’innovation de rupture, qui doivent permettre aux entreprises impliquées de prendre des positions de leader ; avec la participation financières de l’Etat, des collectivités locales, de l’Europe et des entreprises, (document n°2) - Cette démarche donne donc naissance aux pôles de compétitivité conformément au modèle américain de la Silicon Valley (document 2).
Conclusion
La compétitivité qu’elle soit en termes de prix ou structurelle apparaît comme le résultat d’un processus d’innovation. Par conséquent, une plus grande stimulation de cette dernière devrait permettre aux entreprises de gagner des parts de marché. Des politiques tendant à faciliter les coopérations entre les différents acteurs de la vie économique comme la mise en place des pôles de compétitivité sont donc menées dans les pays développés à économies de marché et notamment en France.
Cependant, ces mesures qui ont comme objectif d’accroître les performances du système productif génèrent aussi des effets sur le facteur travail utilisé pour des biens et des services. A court terme, une main d’œuvre qualifiée sera mobilisée pour initier un travail de recherche, de conception. En revanche, au niveau quantitatif et à plus long terme, on peut se demander si le volume d’emplois créés permettra toujours de compenser ceux qui sont détruits par l’apparition d’activités nouvelles. L’interrogation n’est pas nouvelle, et porte aujourd’hui sur l’actualité de la "théorie du déversement" dans le contexte d’économies qui deviennent de plus en plus tertiaires.